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Pétrole : le Top 5 des Pays Africains Producteurs

Les frappes israélo-américaines en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont propulsé le baril au-delà des 85 dollars. Une envolée des cours qui fait tout naturellement les affaires des pays africains producteurs d’hydrocarbures. Tour d’horizon des cinq principaux poids lourds africains de l’or noir.

Par Kilian Ndugu


1. NIGERIA

Premier producteur africain de pétrole avec une production oscillant entre 1,4 et 1,6 million de barils par jour, le Nigéria est le mastodonte incontesté de la filière sur le continent. De fait, l’or noir assure plus de 90 % des revenus d’exportation de l’État et plus de la moitié de ses recettes publiques, tandis que la société nationale d’hydrocarbures NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) réalise un chiffre d’affaires (plus de 30 milliards de dollars en 2024) supérieur au PIB d’une trentaine de pays africains. Excusez du peu.

 « Au Nigéria, l’or noir assure plus de 90 % des revenus d’exportation de l’État et plus de la moitié de ses recettes publiques»

Le principal producteur d’or noir du continent a toutefois son lot de difficultés récurrentes. Malgré des réserves estimées à plus de 37 milliards de barils, le secteur est régulièrement perturbé par les sabotages d’oléoducs, les vols de pétrole dans le delta du Niger et les incertitudes réglementaires. Quant à la NNPC, elle accumule des milliards de dollars de dettes auprès de ses fournisseurs, et ses raffineries sont le plus souvent à l’arrêt. 


2. LYBIE

Avec les plus importantes réserves prouvées d’Afrique, estimées à environ 48 milliards de barils, la Libye pourrait prétendre à la première place des pays africains producteurs d’hydrocarbures. Las, plus d’une décennie d’instabilité politique a profondément fragilisé son industrie pétrolière. La production oscille aujourd’hui autour de 1,3 million de barils par jour mais reste extrêmement volatile, au gré des tensions entre factions rivales se partageant le pays. Les blocages de terminaux pétroliers ou les fermetures de champs restent ainsi fréquents, tandis que les Libyens ont appris à composer avec les pénuries d’essence. Il n’empêche, en dépit de ces difficultés et incertitudes, la National Oil Corporation (NOC) continue de maintenir l’essentiel des infrastructures en activité. La compagnie d’État, qui pilote la filière, a ainsi confirmé le 1er mars la relance du champ pétrolier de Mabruk, situé dans le centre du pays, la troisième remise en service annoncée d’un site de production d’hydrocarbures en Libye en l’espace d’un mois. Objectif affiché par les autorités : une production pétrolière de 1,6 million de barils par jour d’ici fin 2026. De quoi (peut-être) enfin faire jeu égal avec le Nigéria, premier pays producteur africain.

 « Objectif affiché par les autorités libyennes : une production pétrolière de 1,6 million de barils par jour d’ici fin 2026 »


3. ANGOLA

Troisième producteur africain d’hydrocarbures, l’Angola s’est imposé depuis les années 2000 comme l’un des acteurs majeurs du pétrole offshore mondial. Sa production tourne aujourd’hui autour de 1,1 million de barils par jour, après avoir dépassé 1,8 million au pic du boom pétrolier (2014-2015).

De fait, l’économie du pays reste fortement dépendante de l’or noir, qui représente près de 95 % de ses exportations, deux tiers des recettes fiscales et près de 30 % du produit intérieur brut (PIB). Le danger guette pourtant, en raison de la baisse continue de la production. Une contraction inquiétante due au sous-investissement et à l’épuisement des réserves, de plus en plus difficiles à exploiter.  Face à cette situation, l’Angola est déterminé à accélérer la diversification de son modèle extractif. L’opérateur national de la filière hydrocarbures, Sonangol, a ainsi annoncé son intention de renforcer sa diversification vers les minerais critiques, notamment l’uranium et le lithium. Objectif : élargir au plus vite son portefeuille au-delà du pétrole et du gaz.

 « L’économie de l’Angola reste fortement dépendante de l’or noir, qui représente près de 30 % du produit intérieur brut »


4. ALGÉRIE

Titan continental de l’or noir, l’Algérie affiche une production d’environ 1 million de barils par jour, à laquelle s’ajoute une importante production de gaz naturel qui fait du pays un fournisseur clé de l’Europe, notamment de l’Italie qui, en juillet 2022, avait signé avec Alger plusieurs contrats d’un montant de 4 milliards de dollars afin que le pays maghrébin lui fournisse davantage d’hydrocarbures. Un poids décisif de la filière pétrogazière, qui est net au niveau des données macroéconomiques : le secteur représente 90 % des exportations du pays, 60 % de ses recettes budgétaires et 30 % de son produit intérieur brut (PIB). Seul bémol, l’épuisement progressif de certains champs historiques. Face à cette situation, le groupe public algérien Sonatrach est déterminé à relancer l’exploration, quitte à se développer en dehors de son territoire national. Découverte d’or noir en Libye, investissement dans l’exploration des hydrocarbures au Congo, raffinerie et complexe pétrochimique au Niger, intérêt pour la filière hydrocarbures en Mauritanie

 « L’Algérie affiche une production d’environ 1 million de barils par jour, à laquelle s’ajoute une importante production de gaz naturel qui fait du pays un fournisseur clé de l’Europe »


5. ÉGYPTE

Longtemps considérée comme un producteur secondaire, l’Égypte a renforcé sa position énergétique au cours des dernières années grâce à la modernisation de son secteur pétrolier et à la découverte de nouveaux gisements. La production pétrolière égyptienne se situe désormais autour de 500 000 barils par jour et devrait continuer à progresser à moyen terme, le gouvernement égyptien se fixant pour objectif de doubler la production de pétrole d’ici 2030. Pour y parvenir, le gouvernement du président Abdel Fattah al-Sissi a multiplié les partenariats avec les compagnies internationales afin d’accroître la production et de transformer le pays en hub énergétique régional. L’Égypte est par ailleurs devenue un acteur majeur du gaz naturel en Méditerranée orientale. Dans le sillage de la découverte d’importants champs gaziers, dont celui de Zohr en 2015, le pays nord-africain est depuis 2018 un pays exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL). Enfin, dernier point, et non des moindres : dans le contexte actuel de tensions au Moyen-Orient et de perturbations potentielles du trafic maritime dans le Golfe, la position géographique de l’Égypte – notamment avec le canal de Suez – devrait contribuer à renforcer son rôle stratégique dans les flux énergétiques mondiaux.

 « La production pétrolière égyptienne se situe désormais autour de 500 000 barils par jour et devrait continuer à progresser à moyen terme »


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