Avec une scène artistique dont la vitalité n’est plus à démontrer et un rôle de hub économique indéniable, la République démocratique du Congo (RDC) s’emploie à transformer sa puissance en leadership diplomatique durable. Artistes, sportifs et entrepreneurs y contribuent largement, à l’image des 24 ambassadeurs du softpower congolais dont nous présentons ici les portraits.
Par Olivia Yéré Daubrey
Alain Yav : Publicitaire, Producteur
Entrepreneur, marketeur et producteur né à Kinshasa, Alain Yav Ndua appartient à cette génération qui a professionnalisé la publicité et la production audiovisuelle dans un marché longtemps dominé par l’informel.
Formé entre Lubumbashi, Kinshasa et Johannesburg, il cofonde Pygma Group en 2002, avec quatre amis d’enfance. Trois ans plus tard, l’agence publicitaire est devenue un groupe intégré couvrant relations publiques, marketing digital, événementiel et production audiovisuelle. Sous sa direction, Pygma s’impose comme un acteur central du marché congolais, travaillant pour des marques comme Heineken, Vodacom, Western Union, Unilever ou Vlisco. En 2016, l’agence contrôle près de 30 % du marché publicitaire national — un chiffre rare dans un pays où la structuration du secteur reste inégale. Mais l’impact d’Alain Yav dépasse la publicité. Il transforme la télévision congolaise en créant des formats populaires comme Miss Vodacom, Miss Congo (RDC) et Vodacom Best of the Best, qui ont révélé des artistes tels qu’Innoss’B ou Gaz Mawete. Il orchestre aussi de grands événements, dont la promotion du concert de Stromae à Kinshasa en 2015.
Reconnu en 2013 aux African Leadership Awards, puis primé à Abidjan en 2019, Alain Yav incarne une vision entrepreneuriale qui relie créativité, business et image du pays. Avec Pygma, il a façonné une industrie – et avec elle, une nouvelle manière pour la RDC de se raconter au monde.
Retrouvez sur forbesafrique.com notre entretien avec Alain Yav.

Anifa Mvuemba : Styliste
Née à Nairobi de parents congolais, Anifa Mvuemba incarne la puissance douce d’une diaspora créative qui redéfinit les codes du luxe mondial. Installée aux États-Unis depuis l’enfance, cette autodidacte a fondé en 2012 la marque Hanifa, devenue une référence de l’innovation dans la mode féminine.
Propulsée sur le devant de la scène en 2020 avec Pink Label Congo, un défilé 100 % digital diffusé sur Instagram Live, elle a bouleversé les usages en pleine pandémie, en dévoilant ses créations portées par des mannequins 3D. Son audace technologique, alliée à une esthétique sculpturale et inclusive, a séduit les icônes les plus influentes : Beyoncé, Michelle Obama, Zendaya ou encore Cardi B ont porté ses pièces.
Soutenue par le CFDA/Vogue Fashion Fund, primée par InStyle, Anifa Mvuemba s’impose comme l’une des figures les plus marquantes du renouveau afro-américain en haute couture. Derrière le glamour, elle célèbre ses racines congolaises, tant dans les coupes que dans les récits : robes drapées comme les rivières du Kivu, palette vibrante inspirée des marchés de Kinshasa, et engagement en faveur d’une mode éthique et consciente.
En 2023, elle lance une ligne de robes de mariée, puis habille Savannah James pour le Met Gala 2025. Mère depuis peu, entrepreneure ancrée à Washington D.C., Anifa trace une trajectoire singulière : celle d’une femme qui, avec du fil, du cœur et du code, tisse une image contemporaine et rayonnante de la RDC.

Benedict Lombe : Écrivaine et Dramaturge
Écrivaine et dramaturge engagée, Benedict Lombe donne voix aux identités noires et aux récits de la diaspora, en mêlant mémoire familiale, satire douce et lucidité politique.
Révélée avec sa pièce Lava, jouée au Bush Theatre en 2021, elle y explore le parcours d’une femme congolaise, entre Afrique du Sud post-apartheid et bureaucratie britannique, dans un monologue vibrant sur l’exil, la transmission et la quête de soi. L’œuvre lui vaut le prestigieux Susan Smith Blackburn Prize en 2022 — une première pour une pièce depuis la création du prix en 1978 — ainsi que de multiples distinctions dans les cercles du théâtre britannique.
Loin de se cantonner à la scène, Benedict Lombe tisse son influence entre écriture dramatique, télévision, numérique et engagement culturel. Lauréate du BBC Writers Room, elle développe des projets pour le petit écran tout en poursuivant un travail dramaturgique centré sur les récits invisibles, notamment à travers une pièce commandée sur les femmes congolaises dans l’histoire.
Avec une plume précise, audacieuse, humaine, elle déconstruit les silences de l’Histoire et les remplace par des mots qui réparent, rient et bousculent. À travers son œuvre, Benedict Lombe transforme l’intime en universel — et fait rayonner, à sa manière, la force narrative du Congo contemporain.

Bismack Biyombo : Joueur de Basket-Ball
Depuis ses premiers pas sur les parquets de Lubumbashi jusqu’aux franchises NBA les plus emblématiques, Bismack Biyombo incarne une trajectoire d’élévation hors norme.
À 16 ans, il quitte la RDC pour l’Espagne, après avoir été détecté lors d’un tournoi au Yémen. En 2011, il devient la révélation du Nike Hoop Summit1 avec un triple-double (dix points dans trois catégories distinctes) historique, égalant le record de contres de Kevin Garnett. Sa draft en 7e position marque le début d’un parcours impressionnant en NBA : Charlotte, Toronto, Orlando, Memphis, Oklahoma City… jusqu’à San Antonio, où il poursuit aujourd’hui sa carrière. Mais Biyombo n’est pas seulement un athlète d’exception. Il est un ambassadeur du softpower congolais, alliant résilience, leadership et engagement solidaire. Défenseur infatigable sur le terrain, il l’est aussi hors des parquets : en rachetant lui-même son contrat européen pour intégrer la NBA, il illustre un esprit d’indépendance rare. En 2020, il crée la Bismack Biyombo Foundation, qui finance soins médicaux, écoles et infrastructures en RDC.
Son influence dépasse le sport : il est devenu un modèle de réussite et de générosité pour la jeunesse africaine. Son humilité, son professionnalisme et son attachement à ses racines font de lui un acteur clé du rayonnement international du Congo, incarnant une masculinité digne, protectrice et visionnaire. De Lubumbashi à San Antonio, Bismack Biyombo continue de rebondir… et d’élever avec lui tout un continent.
- Rencontre annuelle de basket-ball opposant sur le territoire américain les meilleurs joueurs américains aux meilleurs jeunes joueurs du reste du monde.

Cédric Bakambu : Footballeur
Du Val-de-Marne aux plus grands stades d’Europe, d’Asie et d’Afrique, Cédric Bakambu appartient à cette génération de footballeurs congolais devenus ambassadeurs planétaires. Formé à Sochaux, attaquant précoce en Ligue 1, il séduit très tôt les recruteurs. Son sens du déplacement et son efficacité l’emmènent de la Turquie à l’Espagne, où il brille à Villarreal, avant de marquer l’histoire en Chine : en 2018, son transfert au Beijing Guoan fait de lui le joueur africain le plus cher de l’histoire (74 millions d’euros).
En sélection, il porte durablement les couleurs de la RDC. Lors de la CAN 2024, sa célébration, reprise collectivement par les Léopards avant la demi-finale face à la Côte d’Ivoire pendant l’hymne national, devient un geste symbolique pour dénoncer la guerre à l’Est du pays — preuve que son influence dépasse le cadre sportif. Attaché à la sélection, il s’implique également pour convaincre d’autres binationaux de rejoindre l’équipe nationale.
Au-delà des terrains, « Bakagoal » développe un engagement structuré. À travers la Fondation Cédric Bakambu, il agit dans les domaines du sport, de la santé, de l’éducation et de l’innovation. Son projet agro-industriel BAK’AGRI, implanté dans le Kongo Central, vise à produire et transformer le maïs sur 3 000 hectares, avec une unité capable de traiter 100 tonnes par jour, contribuant à la sécurité alimentaire et à l’emploi local. Cette implication lui vaut d’être nommé ambassadeur de bonne volonté pour l’agriculture et la sécurité alimentaire en RDC.
Aujourd’hui au Real Betis, malgré une récente blessure, Bakambu demeure une figure majeure du football congolais contemporain : un leader par l’exemple, dont la carrière conjugue performance internationale et impact durable pour son pays.

Chancel Mbemba : Footballeur International
Issu d’une fratrie de neuf enfants, Chancel Mbemba a grandi entre terrains poussiéreux et discipline familiale. Sa mère, Antoinette, ancienne internationale congolaise de basket-ball, lui transmet très tôt le goût de l’effort et du collectif. Avant l’Europe et les projecteurs, il se forme comme électricien, imaginant une vie loin du football. Le destin en décidera autrement. Repéré par Anderlecht, il arrive à Bruxelles en 2011. À 19 ans, il débute en équipe première et s’impose rapidement en défense centrale. Ligue des champions, buts décisifs, maturité précoce : l’Europe découvre un joueur solide, sobre, déjà leader. Newcastle, puis Porto suivent. Au Portugal, il remporte championnat et Coupe en 2020, inscrivant un doublé en finale. À Marseille, il devient l’un des défenseurs les plus décisifs d’Europe, établissant en 2024 un record de buts en compétitions européennes pour un défenseur du club. Après une saison blanche et une libération de contrat en 2025, Mbemba rebondit au LOSC Lille. Un choix de continuité plus que de confort, fidèle à sa trajectoire : travailler, durer, revenir. Avec la sélection congolaise, qu’il rejoint dès 2012, il traverse trois CAN, atteint une troisième place en 2015 et franchit le cap des 100 sélections en 2025, marquant contre le Cameroun en qualifications pour la Coupe du monde.Avec Chancel Mbemba, une autre image de la RDC se dessine : ce joueur fiable, respecté dans les vestiaires européens, porte son pays par la constance, la longévité et le professionnalisme dont il fait preuve.

Chéri Samba : Artiste Peintre
À la croisée de l’art populaire, de la satire sociale et de la bande dessinée, Chéri Samba est un acteur clé du softpower congolais. Autodidacte devenu icône mondiale, il a élevé la peinture congolaise au rang d’outil critique universel. Ses œuvres – hautes en couleur, narratives, percutantes – mêlent le lingala, le français et l’anglais pour interroger, dénoncer, éveiller. Installé entre Kinshasa et Paris, il commence comme peintre d’enseignes sur l’avenue Kasa Vubu avant d’ouvrir son atelier en 1975. Il y expose d’abord pour une clientèle locale, avant que son regard singulier sur la société – entre humour, douleur et lucidité – ne franchisse les frontières. À partir de l’exposition Magiciens de la Terre (1989) au Centre Pompidou, son style fait mouche : le monde découvre un artiste qui se peint lui-même au cœur de ses toiles, pour mieux parler de tous.
Son œuvre s’est imposée au sein des plus grandes institutions : MoMA, Centre Pompidou, Biennale de Venise. Dans chaque toile, Samba brouille les pistes entre naïveté assumée et conscience politique aiguisée, multipliant les clins d’œil à l’Afrique urbaine, à la mémoire collective, à la dignité des peuples invisibles. En mêlant critique sociale et esthétisme populaire, Chéri Samba a transformé la peinture en arme douce, en miroir vibrant de la société congolaise et de notre époque mondialisée.

Christel Kayibi : Directrice générale par intérim de Sony Music Afrique de l’Ouest
Juriste d’élite devenue figure centrale de la stratégie musicale panafricaine, Christel Kayibi incarne le nouveau visage du soft power congolais. Depuis Londres, cette anglo-congolaise pilote désormais la stratégie de répertoire pour l’Afrique au sein de Sony Music – Afrique & Europe continentale, une fonction stratégique pour la conquête de nouveaux marchés culturels africains.
Formée dans les prestigieux cabinets Slaughter & May, White & Case et Hunton Andrews Kurth, elle s’impose dès 2017 comme la cheville ouvrière du succès international de l’artiste nigérian Mr Eazi, en structurant ses entreprises Banku Music et emPawa. Forte de cette expérience, elle rejoint Columbia Records UK en 2019, où elle conjugue droit, business, marketing et A&R pour des labels tels que 5K Records et Dream Life.
Sa nomination chez Sony en 2023 confirme son rôle d’architecte du renouveau musical africain. Elle identifie désormais les artistes, catalogues et labels porteurs sur l’ensemble du continent – du Nigéria au Congo, de l’Afrique francophone à l’Afrique du Sud – en lien étroit avec les équipes locales.
Distinguée par le Young Music Boss Award à Londres en 2022, Christel Kayibi est plus qu’une juriste ou une dirigeante : elle est une facilitatrice d’impact, à l’intersection du droit, de la création et de la diplomatie culturelle. Une stratège au service du rayonnement créatif africain.

Dadju : Artiste
Artiste majeur de la scène urbaine francophone, Dadju a su tracer sa propre voie, entre pop urbaine, R’n’B et fierté identitaire. Nourri par de multiples influences musicales dès l’enfance, Dadju façonne très tôt sa sensibilité artistique. Après ses débuts au sein de The Shin Sekaï, il s’impose en solo en 2017 avec Gentleman 2.0, un premier album porté par des titres phares comme « Reine », « Bob Marley », « Django » ou encore « Jaloux ». Depuis, l’auteur-compositeur-interprète enchaîne les succès et multiplie les récompenses, incarnant une génération d’artistes afro-descendants capables de séduire un large public. Artiste à la sensibilité assumée, Dadju mêle amour, introspection et esthétique soignée dans chacun de ses projets, de Poison ou Antidote à Cullinan, jusqu’à Héritage, album commun avec Tayc sorti en 2024. Avec le titre « I Love You », Dadju enrichit son répertoire de tubes, poursuivant sa trajectoire déjà appréciée par plusieurs générations. Mais au-delà du succès commercial, Dadju revendique une fierté congolaise profonde. En 2022, il reçoit officiellement un passeport diplomatique de la RDC, symbole de son rôle d’ambassadeur culturel. Sa musique, sa posture publique et ses initiatives (caritatives et entrepreneuriales) célèbrent une Afrique moderne, plurielle, audacieuse et connectée au monde. Entre pop française, identité kinoise et storytelling visuel ambitieux, Dadju s’impose comme une figure emblématique du softpower congolais, capable de conjuguer élégance, accessibilité et enracinement culturel.

Denis Mukwege : Gynécologue et Militant des Droits de l’Homme
Surnommé « l’homme qui répare les femmes », Denis Mukwege reflète l’une des expressions les plus puissantes du softpower congolais : celui qui sauve, qui répare et qui élève la dignité humaine au rang de combat universel. Né à Bukavu, fils de pasteur, ce gynécologue a fait de la médecine un acte de justice et de la compassion une force politique. Formé en Afrique et en Europe, il choisit de revenir au pays lorsque tant d’autres partent. À l’hôpital de Panzi, qu’il fonde après la destruction de Lemera, il affronte l’horreur : les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre dans l’est de la RDC. Face à une barbarie systémique, Mukwege invente une réponse globale. Son « modèle Panzi », pionnier, associe soins médicaux, accompagnement psychologique, justice et réinsertion socio‑économique. Une révolution silencieuse, née au cœur du Kivu. Rescapé de tentatives d’assassinat, vivant sous protection, il n’a jamais cessé de parler. À la tribune des Nations unies, du Parlement européen ou des universités les plus prestigieuses, il porte la voix des survivantes et interpelle le monde sur la responsabilité collective. En 2018, le Prix Nobel de la Paix, partagé avec Nadia Murad, consacre ce combat : mettre fin à l’utilisation du viol comme arme de guerre. Médecin, pasteur, intellectuel engagé, Denis Mukwege transforme la douleur en plaidoyer, et l’intime en levier diplomatique. Son influence dépasse les frontières : il fait de la RDC un symbole mondial de résilience, de courage moral et de lutte pour la dignité humaine. Un rayonnement fondé non sur la puissance, mais sur la vérité.

Didi-Stone | Mannequin
À 26 ans, Didi-Stone Naïke Olomidé s’est imposée comme l’un des visages africains les plus visibles de la scène mode internationale, entre grandes maisons de luxe et engagements institutionnels en faveur de la jeunesse congolaise.
Élevée entre la France et la République démocratique du Congo, repérée à 15 ans dans la rue, elle entre rapidement dans l’élite du mannequinat mondial. Vogue lui consacre un premier article à 16 ans. Suivent des campagnes pour Jean Paul Gaultier, Balmain, Versace, Fendi, Mugler, Hugo Boss ou Dolce & Gabbana, des apparitions dans Vanity Fair, The New York Times et Forbes, puis un rôle d’ambassadrice mondiale de L’Oréal Paris dès 2020. En 2023, elle devient le visage de la campagne panafricaine « Satin Royale » de Vlisco, affichée de Kinshasa à Abidjan, consacrant son statut d’icône afro-globale.
Mais le rayonnement de Didi Stone dépasse les podiums. Nommée ambassadrice nationale de bonne volonté de l’UNICEF en RDC en 2022, elle s’engage pour la protection des jeunes filles, notamment contre les mariages forcés. De New York à Kinshasa, elle porte un plaidoyer constant pour l’éducation, la paix et l’autonomisation féminine, intervenant dans des forums soutenus par l’UNESCO et l’Union européenne.
Listée Forbes Afrique 30 Under 30 en 2024, citée dans un titre de Tiakola, hôte d’événements culturels et caritatifs majeurs, Didi Stone symbolise une diplomatie douce contemporaine : celle d’une figure publique qui met sa notoriété internationale au service de causes concrètes en République démocratique du Congo.

Didier Claes : Galeriste et Commissaire d’Exposition
Belgo-congolais, expert reconnu des arts africains et directeur de galerie à Bruxelles, Didier Claes fait partie de ces figures discrètes qui ont profondément reconfiguré la place des arts d’Afrique centrale dans le marché et les institutions occidentales. Depuis plus de trente ans, il œuvre à faire reconnaître ces œuvres non comme de simples objets ethnographiques, mais comme des créations majeures de l’histoire de l’art.
Installé à Bruxelles depuis 2002 et à Paris depuis 2020, il fonde une galerie entièrement consacrée aux arts africains de haute qualité, sélectionnés selon des critères esthétiques, historiques et culturels stricts. Très tôt, il s’impose dans les grandes foires internationales – de New York à Maastricht, de Bruxelles à Paris —, présentant des pièces issues de collections occidentales majeures. Sa présence pendant douze ans à la TEFAF (Fondation européenne des beaux-arts) de Maastricht, l’un des salons d’antiquaires les plus exigeants au monde, consacre sa crédibilité sur la scène mondiale.
Spécialiste de l’Afrique centrale et du Congo, Didier Claes développe parallèlement un travail curatoriel structurant. Il co-commissarie Congo Mythical Masks à Bruxelles, dirige Arts d’Afrique. Voir l’invisible au Musée d’Aquitaine de Bordeaux et publie Empreintes d’Afrique, ouvrage de référence sur l’art tribal. En 2014, le magazine Apollo le classe parmi les quarante personnalités les plus influentes du monde de l’art. Il travaille actuellement comme commissaire sur une exposition majeure en partenariat avec la Ville de Bruxelles et le Centre Culturel Congolais, qui verra le jour en septembre 2026.
Vice-président de la BRAFA (Brussels Art Fair) de 2012 à 2025, membre des principales chambres d’experts et d’antiquaires européennes, il personnifie une diplomatie culturelle silencieuse mais durable. À travers ses expositions, ses livres et ses sélections muséales, Didier Claes a contribué à inscrire l’art congolais dans les grandes conversations esthétiques internationales – non par discours, mais par la rigueur des œuvres qu’il met en lumière.

Fally Ipupa : Auteur-Compositeur-Interprète, Danseur et Producteur
Charisme, précision, élégance. Depuis plus de deux décennies, Fally Ipupa symbolise l’excellence artistique congolaise sur les scènes du monde entier. Né à Kinshasa en 1977, il est considéré comme l’un des plus grands ambassadeurs de la rumba et de la culture urbaine africaine. Ancien protégé de Koffi Olomidé au sein du Quartier latin, il entame une carrière solo dès 2006 avec Droit chemin, album certifié disque d’or en France, qui marquera un tournant décisif dans l’histoire de la musique congolaise.
À la croisée des rythmes traditionnels et des sonorités contemporaines, Fally Ipupa réussit le pari d’exporter la rumba vers les scènes mainstream, tout en restant fidèle à ses racines. Chanteur, auteur-compositeur, danseur et producteur, il enchaîne les succès mondiaux – Tokooos, Control, Formule 7 – et collabore avec des artistes internationaux tels que Booba, Aya Nakamura ou R. Kelly.
Premier artiste congolais à remplir l’Accor Arena en solo (2020), puis le stade des Martyrs de Kinshasa (2022) devant 100 000 personnes, Fally Ipupa est plus qu’une star : il est un symbole de rayonnement pour la RDC. Ambassadeur de l’UNICEF, engagé pour la jeunesse à travers sa fondation, il conjugue notoriété et responsabilité avec une rare constance. Sa trajectoire trace une voie inspirante : celle d’un softpower congolais qui assume sa complexité, sa fierté et sa puissance créative.
Retrouvez-ici la Success-Story de Fally Ipupa

Freddy Tsimba : Artiste Plasticien et Commissaire d’Exposition
Né à Kinshasa, où il vit et travaille toujours, Freddy Bienvenu Tsimba a fait d’outils de mort la matière première d’une œuvre singulière, profondément pacifiste et humaniste. Formé à la sculpture monumentale à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, il soude, assemble et façonne des douilles de cartouches, des machettes, des clés ou des cuillères récupérées dans la rue ou sur d’anciens champs de bataille. De ces fragments surgissent des corps, souvent incomplets, presque toujours chargés de silence et de dignité. Ses « silhouettes effacées », composées de milliers de douilles réellement tirées, donnent visage aux victimes anonymes des conflits. Beaucoup représentent des femmes enceintes. Non pour esthétiser la tragédie, mais pour rappeler que, même au cœur des ruines, la vie persiste. « Je fais des ventres de femmes pour dire qu’il y a la vie », résume-t-il. Une obstination douce, presque politique. En 2007, Ixelles inaugure Au-delà de l’espoir, une sculpture monumentale faite de douilles représentant une femme portant un enfant. En 2018, le Théâtre de Chaillot acquiert La Porteuse de vies, œuvre de 20 000 cartouches, installée pour le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le symbole est clair : transformer les restes de la violence en hommage à l’humanité. Son travail, exposé d’Europe en Afrique, parle d’enfermement (Centre fermé, rêve ouvert), de réparation (Maison machettes), de mémoire et de transmission. Freddy Tsimba ne cherche pas l’effet. Il construit, patiemment, une œuvre qui relie Kinshasa au monde, et le monde à sa part la plus fragile. Une sculpture à hauteur d’homme, née des blessures de l’histoire, tournée vers la persistance de la vie.

Gims : Chanteur, Rappeur
Avec plus de 5 millions de disques vendus, plus de 15 milliards d’écoutes, plus de 9 milliards de vues et une décennie de domination des charts, Gims est bien plus qu’un artiste : il est un architecte de la pop urbaine francophone, un bâtisseur de ponts culturels, et l’un des plus puissants relais du softpower congolais à l’échelle mondiale. Né à Kinshasa en 1986, Gandhi Djuna – alias Gims – a grandi dans les quartiers populaires de Paris. Autodidacte précoce, il se distingue d’abord au sein du collectif Sexion d’Assaut, avant de conquérir la scène en solo avec Subliminal (2013), album certifié double diamant. Sa formule unique mêle rap, chant, mélodies planétaires et narrations émotionnelles. Des tubes comme « Bella », « Sapés comme jamais », « La Même » ou « Est-ce que tu m’aimes ? » deviennent des hymnes populaires sur trois continents. Son rayonnement dépasse la musique : Gims est une icône de mode, un éditeur de mangas, un créateur de marque et un passeur d’histoires africaines. Il multiplie les collaborations internationales (Sting, Sia, Maluma), se produit au Stade de France ou à la Coupe du monde 2022, tout en revendiquant son héritage congolais – de Viva la Musica à son passeport diplomatique reçu en 2022. En 2024–2025, il aligne encore les succès (« Spider », « Ninao », « Ciel »…) et devient l’un des artistes les plus streamés de la décennie. Gims incarne une puissance créative transcontinentale, entre stratégie, esthétique et influence, au service d’une Afrique contemporaine et ambitieuse.

Herman Amisi : Humoriste
Figure phare de la scène humoristique congolaise, Herman Amisi, 33 ans, s’affiche comme un « prédicateur de la bonne humeur », transformant les réalités sociales en matière à rire… et à réfléchir. Depuis ses débuts en 2018 avec le collectif Lubum Comedy Club, jusqu’à ses spectacles à guichets fermés au Palais des Congrès de Brazzaville, au Centre financier de Kinshasa, au Casino de Paris, ainsi qu’à Montréal, à la Place des Arts (Théâtre Maisonneuve), cet ancien étudiant en lettres cultive un style mordant, populaire et rassembleur. Ses slogans viraux – « Je suis dans les bruits », « Surveiller le fleuve » – sont devenus de véritables marqueurs culturels, ancrés dans le quotidien et la mémoire collective. Fondateur de La Grande Croisade du Rire, il transforme l’humour en outil d’unité, en réunissant des talents de tout le continent sous une même bannière. Sa capacité à conjuguer autodérision, critique sociale et identité congolaise séduit une audience multigénérationnelle, entre Kinshasa, Paris, Abidjan et la diaspora nord-américaine.
Dans cette dynamique de transmission, Herman Amisi a également initié la création de HAPROD, une agence de production pensée comme un incubateur de talents. À travers des ateliers de formation, des résidences artistiques et des dispositifs d’encadrement, la structure ambitionne de professionnaliser les jeunes humoristes, de révéler de nouvelles voix et de leur offrir un accès réel aux opportunités du secteur culturel. Une manière pour l’artiste de transformer son succès individuel en levier collectif. En satirisant avec finesse les rapports de genre, les réalités sociales ou encore certains enjeux géopolitiques, Herman transcende la simple scène comique. Il représente un softpower culturel en mouvement, enraciné dans la langue, le rythme, l’humour et le lien. Un influenceur culturel, au sens noble du terme : celui qui fait rire, mais surtout, qui relie.

In Koli Jean Bofane : Écrivain
In Koli Jean Bofane appartient à cette génération d’écrivains congolais qui ont choisi l’exil pour continuer à écrire librement. Installé en Belgique depuis 1993, il n’a jamais quitté le Congo par la pensée. Son œuvre, traduite et primée, fait circuler la mémoire, les fractures et les paradoxes de l’Afrique centrale bien au-delà de ses frontières.
Révélé au grand public avec Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux (1996), publié chez Gallimard Jeunesse, il s’impose ensuite comme une voix majeure du roman africain francophone. Mathématiques congolaises (Actes Sud, 2008) lui vaut le prix littéraire de la SCAM et le Grand prix littéraire d’Afrique noire. Avec Congo Inc. : Le Testament de Bismarck (2014), couronné par le Prix des cinq continents de la Francophonie, il propulse la RDC au cœur d’un récit mondial sur la globalisation, le capitalisme et la violence politique.
Ses romans peuplés de marginaux – petits escrocs, politiciens corrompus, saltimbanques, enfants livrés à eux-mêmes – dessinent une cartographie implacable des sociétés postcoloniales. L’Afrique y apparaît comme un « laboratoire du monde », un territoire où se condensent les dérives contemporaines : prédation économique, effacement des individus, brutalité des rapports sociaux, mémoire fracturée.
Avec La Belle de Casa (2018) et Nation cannibale (2025), Bofane poursuit une œuvre exigeante, lucide, profondément politique sans jamais être didactique. Son style, à la fois ironique, cruel et empathique, impose une littérature qui dérange autant qu’elle éclaire.
Honoré à Kinshasa en 2019 par le Prix Makomi d’honneur, In Koli Jean Bofane fait entrer la RDC dans les grandes conversations du monde, par la force du roman et la précision du regard. Une diplomatie littéraire rare.

Innocent Didace Balume, dit Innoss’B : Rappeur
Porte-voix d’une nouvelle génération artistique congolaise, Innoss’B est né il y a 27 ans à Goma, dans une famille de musiciens. Il débute avec ses frères dans le groupe Maisha Soul, avant de se révéler au grand public en remportant, à 13 ans, le concours Vodacom Superstar, sous le regard d’Akon.
Depuis, sa trajectoire est fulgurante : voix singulière, danseur magnétique, hitmaker audacieux, il impose l’Afrocongo, un genre hybride où ndombolo, rumba et sonorités urbaines se rencontrent. En 2019, son remix de « Yo Pe » avec Diamond Platnumz, franchit la barre des 100 millions de vues sur YouTube, une première pour un artiste congolais. L’album Mortel 06 confirme sa maturité musicale, avec des titres comme Naomi Campbell, Sukali ou Adieu.
Ambassadeur culturel de la RDC sur les scènes africaines et européennes, Innoss’B multiplie les collaborations de prestige (Damso, Koffi Olomidé, Yemi Alade, Josey, Zuchu…), tout en restant ancré dans ses origines. Très actif socialement, il crée la Fondation Innocent, construit des maisons après l’éruption du Nyiragongo, et soutient les jeunes talents.
Innovant, influent et engagé, Innoss’B ne se contente pas de séduire les foules : il redonne à la jeunesse congolaise la fierté d’un héritage en pleine mutation. Une icône pop d’Afrique centrale, bâtisseur d’un softpower jeune, vibrant et panafricain.

Koffi Olomidé : Auteur-Compositeur-Interprète
Il est l’un des rares artistes africains dont le nom traverse les générations sans jamais perdre de sa résonance. Au fil des années Koffi Olomidé s’est imposé comme une figure majeure de la musique congolaise et africaine, bâtissant une œuvre monumentale qui épouse près de cinq décennies de création.
Auteur-compositeur visionnaire, il se fait d’abord connaître comme parolier avant de marquer l’histoire en 1977 avec Synza, aux côtés de Papa Wemba et King Kester Emeneya. La création du Quartier Latin Entreprise, en 1986, devient un tournant décisif : plus qu’un orchestre, un véritable creuset de talents, d’où émergeront notamment Fally Ipupa ou Ferre Gola. Une école, au sens noble, qui façonne la rumba moderne et ses prolongements urbains.
Premier artiste noir-africain à remplir le Palais Omnisports de Paris-Bercy, Koffi Olomidé inscrit la musique congolaise au cœur des grandes scènes internationales. Avec plus de trente albums, des centaines de chansons, sept Kora Awards et une discographie citée parmi les 1001 albums à écouter dans une vie, il impose une signature musicale singulière : le Tcha Tcho, alliance de sensualité, de sophistication et de narration populaire.
Au-delà des chiffres et des records, son influence tient à sa capacité à structurer un imaginaire. Producteur, chef d’orchestre, passeur de générations, il a fait de la rumba un langage universel, exportable et durable. Aujourd’hui encore, ses collaborations avec la nouvelle scène témoignent d’une œuvre vivante.
Koffi Olomidé demeure ainsi l’un des piliers du softpower congolais : une voix, un style, une mémoire en mouvement, inscrite dans le patrimoine culturel mondial.

Maud-Salomé Ekila : Journaliste, Reporter, Réalisatrice
Journaliste, reporter et réalisatrice congolaise, Maud-Salomé Ekila a construit une trajectoire rare, à la croisée du journalisme de terrain et du combat citoyen. Panafricaniste assumée, elle fut jusque récemment porte-parole internationale de l’organisation Urgences Panafricanistes, fondée par Kemi Seba. Elle fait partie de ces voix congolaises qui ont choisi de lier information, mémoire et engagement politique. Après plusieurs années dans des chaînes de télévision congolaises et des médias diffusés en Afrique francophone, en Europe et aux États-Unis, elle prend en 2012 la direction de Télé Haïti à Port-au-Prince, dont elle est aussi rédactrice en chef. Durant ces deux ans à la tête d’un média privé dans un pays marqué par l’instabilité, elle affine une lecture globale des luttes noires, de l’Afrique aux Caraïbes. À son retour en RDC, elle devient chargée de communication du Dr Denis Mukwege. Pendant douze ans, elle travaille à ses côtés sur les questions de justice transitionnelle et coordonne un projet de prise en charge des survivantes de violences sexuelles, puis dirige la Clinique Panzi de Kinshasa. Une expérience profondément ancrée dans le réel congolais, faite de terrain, d’écoute et de reconstruction, qui marque durablement son œuvre et sa parole publique. Après avoir conçu et présenté deux émissions de géopolitique sur le média Afrique Résurrection, elle poursuit aujourd’hui son travail de réalisatrice de reportages et d’articles historiques, d’analyse géopolitique et d’actualité. Ses travaux interrogent l’impérialisme, le néocolonialisme, les génocides congolais, la transmission traumatique transgénérationnelle et les crises géopolitiques en RDC. Avec Kesho, son premier livre audio adapté en dessins animés musicaux (Maïko et Ban’a Mayi), elle explore aussi la transmission aux plus jeunes. Maud-Salomé Ekila n’informe pas seulement : elle documente, relie, dénonce et participe à écrire une autre narration congolaise, ancrée dans la dignité, la mémoire et l’autodétermination.

Michel Kuka Mboladinga, alias « Lumumba VEA » : Artiste (homme statue)
Au milieu du chaos des chants et des vagues humaines envahissant les gradins, une silhouette défie les lois du mouvement. Droite. Impériale. Le bras tendu vers les cieux. Lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 au Maroc, Michel Kuka Mboladinga, alias « Lumumba VEA », est apparu comme l’icône la plus énigmatique du tournoi. Ce supporter acharné de l’AS Vita Club et de la sélection nationale ne vient pas au stade pour crier, mais pour incarner. Artiste de profession, il a fait du gradin sa scène. Et sa présence relève d’une mise en scène précise : costume bleu-jaune-rouge, lunettes vintage, raie impeccable, posture figée durant 90 minutes. Debout sur un petit piédestal, il reproduit la position de la statue de Patrice Lumumba à l’échangeur de Limete, à Kinshasa. Là où le football est un exutoire émotionnel brut, Michel Kuka impose le silence et la retenue. Son geste n’est pas une simple distraction pour les caméras, c’est un hommage assumé au premier Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Lumumba. « Je veux rappeler la dignité et la souveraineté nationale à travers le sport », explique-t-il. Sa notoriété soudaine entraîne même un dispositif de sécurité renforcé à la sortie des stades. Sans jamais prononcer un slogan, sans jamais saisir un micro, Michel Kuka Mboladinga a réussi son pari : faire entrer l’histoire de la RDC, « Cœur de l’Afrique », dans l’œil du monde. Désormais Ambassadeur du Bloc Léopards, le célèbre supporter poursuit son ascension : en février 2026, il a signé un accord de partenariat d’une valeur de 50 000 dollars avec le géant de la téléphonie Tecno, devenant l’égérie du nouveau téléphone Tecno Camon. « Lumumba VEA » a prouvé qu’au-delà du gazon, le football est aussi un terrain où la mémoire des héros refuse de mourir.

Nicole Sulu : Entrepreneuse, Promotrice du Réseau d’Affaires Makutano
Femme d’affaires influente, Nicole Sulu est la fondatrice du réseau d’affaires Makutano, qui rassemble des dirigeants du secteur public et privé autour de discussions sur le développement économique et les opportunités d’affaires en RDC et en Afrique. Née à Kinshasa, elle a passé une partie de sa jeunesse en Belgique où elle a étudié l’orthophonie et la gestion d’entreprises avant de revenir au Congo en 2001 pour diriger l’entreprise familiale. Depuis 2011, elle est également à la tête du Sultani Hôtel. Fondé en 2014, Makutano est l’un des plus importants forums d’affaires du continent, réunissant des investisseurs et décideurs pour promouvoir la collaboration et l’innovation. Avec plus de 500 membres, il joue un rôle clé en matière d’investissements et de partenariats. Par ses actions, Nicole Sulu s’engage activement à changer la perception du continent à l’international.
Retrouvez ici l’entretien exclusif avec Nicole Sulu

Sammy Baloji : Photographe
De Lubumbashi à Bruxelles, des archives coloniales aux cimaises des plus grands musées internationaux, Sammy Baloji a fait de l’image un outil de vérité et de transmission. Né en 1978 dans le Katanga minier, ce photographe et vidéaste congolais s’est imposé comme l’une des figures majeures du soft power intellectuel et artistique de la RDC.
Formé en lettres et sciences humaines à l’Université de Lubumbashi, puis aux Arts décoratifs de Strasbourg, Baloji développe une œuvre à la croisée de la photographie, de la vidéo, de l’ethnographie et de l’histoire. Son travail interroge inlassablement les traces laissées par l’exploitation coloniale dans les paysages urbains et humains du Congo, en assemblant archives, images contemporaines et dispositifs narratifs puissants.
Exposé au Smithsonian à Washington, au Tate Modern à Londres, à la Villa Médicis à Rome ou encore au Goldsmiths Centre for Contemporary Art, il inscrit la mémoire congolaise au cœur des débats mondiaux sur l’histoire, l’environnement et la réparation. Ses œuvres ne se contentent pas de montrer : elles confrontent, questionnent et obligent à regarder autrement.
Chercheur en art, Sammy Baloji incarne une génération de créateurs africains qui conjuguent rigueur académique et puissance esthétique. Son cinéma prolonge cette démarche, comme en témoigne L’Arbre de l’authenticité, primé à Rotterdam en 2025. Par son œuvre exigeante, Sammy Baloji transforme l’art en acte de mémoire active.


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