Lancé dans une ambitieuse transformation depuis 2016, le Bénin développe une stratégie touristique audacieuse pour diversifier son économie et créer des emplois.
Par Stéphanie O’Brien
Quinze ans (2016-2030), c’est le temps que s’est donné le Bénin pour construire son attractivité touristique. Sous l’impulsion du président Patrice Talon et de son programme « Bénin révélé », le pays entend faire du tourisme un pilier majeur de son développement économique et de la création d’emplois stables, là où le secteur informel occupe actuellement 85 % des travailleurs selon la Banque mondiale. En 2023, il a accueilli un peu plus de 120 000 touristes internationaux et souhaite porter ce chiffre à 2 millions à l’horizon 2030, avec l’ambition d’augmenter la part du tourisme dans le PIB, de 6 % actuellement, à 13,4 % d’ici cinq ans. L’ambition du gouvernement est de faire du tourisme un levier de développement économique créateur d’emplois. Le Bénin veut « fonder son développement sur le tourisme et la culture, déclarait en 2020 Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts1. « À certains égards, notre pays peut être comparé à la France : nous n’avons ni pétrole ni or, mais nous pouvons nous prévaloir de notre grande richesse culturelle. » De fait, après la restitution, en 2021, de 26 trésors royaux2 pillés par la France durant la colonisation, le gouvernement entend positionner l’art contemporain comme un véritable levier diplomatique et culturel 3. Outre son rayonnement culturel international, le Bénin affiche également une stabilité politique, une croissance économique (+ 6,6 % au deuxième trimestre de 2024) et une notation positive « BB- », de la part de Standard & Poor’s qui rassure les investisseurs internationaux. Les autorités ont engagé un plan d’investissement de 2 milliards d’euros pour le tourisme, qui a permis de financer les infrastructures hôtelières, les musées, la mise en valeur des sites patrimoniaux, mais aussi de renforcer les compétences des acteurs du secteur.






Premier Hôtel 5 Étoiles En 2024
Pour rattraper les standards internationaux et réussir son pari, le pays doit aussi développer sa capacité hôtelière et diversifier son offre. D’où l’ouverture en septembre 2024 du Sofitel Cotonou Marina & Spa, premier 5 étoiles du pays, et la création, en février 2025, de la Société d’exploitation du complexe hôtelier de l’Atlantique, qui supervisera un nouvel hôtel quatre étoiles de 130 chambres à Ouidah. Autre annonce de poids, le partenariat avec le groupe Hilton Worldwide pour la gestion de l’hôtel Hilton Cotonou, avec pour objectif de porter sa capacité à 200 chambres.



Future Destination Golfique
Dans ce contexte de fort développement, les entreprises françaises font partie des partenaires de premier plan. « La France est présente aux côtés du Bénin pour accompagner le développement de la “marque Bénin”. En 2022, une nouvelle liaison Paris-Orly/Cotonou a été ouverte et renforcée un an plus tard d’un quatrième vol hebdomadaire. On peut aussi citer la construction du premier golf aux normes internationales », précise Nadège Chouat, ambassadrice de France au Bénin. Seule ombre au tableau de cette carte postale idyllique, les parcs nationaux du W et de la Pendjari sont fermés au public et classés en zone rouge par le ministère des Affaires étrangères français, du fait de la présence de groupes terroristes dans cette zone frontalière avec le Burkina Faso et le Niger.
« En 2022, une nouvelle liaison Paris-Orly/Cotonou a été ouverte »

1. Le Monde, 16 novembre 2020.
2. Le retentissement de cette restitution a dépassé les frontières du pays, comme en témoigne le film Dahomey de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, qui a remporté l’Ours d’or à la Berlinale de 2024.
3. Preuve de l’intérêt croissant pour l’art du Bénin à l’international, l’exposition « Révélation. L’art contemporain du Bénin », qui s’est tenue à Paris (octobre 2024-janvier 2025), a attiré 173 000 visiteurs.

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