Le trafic de faux médicaments provoque des catastrophes humaines comparables aux pires pathologies. Contre ce business plus rentable et moins risqué que le trafic de stupéfiants, des États tentent d’agir. La technologie fournit aussi des solutions concrètes. Enquête
Par Emre SARI
Un banal rhume, suivi d’un banal sirop... En cette fin 2022, sans doute est-ce une simple visite chez le médecin ou le pharmacien du quartier qui précéda le drame. Soixante-dix enfants de Gambie ne s’en remettront jamais. À cette époque, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur la présence de composés toxiques – notamment de l’antigel – dans des « médicaments » contre la toux produits en Inde. De fait, la responsabilité de ces sirops sera confirmée quelques mois plus tard par une commission d’enquête nationale gambienne. Rien qu’en Afrique subsaharienne, les médicaments contrefaits et non conformes tueraient près de 500 000 personnes par an, dont 267 000 décès seraient liés uniquement à de faux antipaludéens, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Ce type de contrefaçon concerne toutes les classes de médicaments et tous les pays d’Afrique. Aux côtés des antipalu...
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