Portrait

Fatma Samoura : le football s’accorde au féminin dans le monde et en Afrique

Fatma Samoura est apparue au grand public en 2016. Le chemin au sein de la plus grosse fédération sportive au monde n’était pas évident pour une femme noire et musulmane. La secrétaire générale de la FIFA est néanmoins parvenue à s’imposer comme une personnalité incontournable. Elle s’est confiée à Forbes Afrique à l’occasion de la Coupe du monde féminine de football où sont engagées trois nations africaines.

© FIFA

Forbes Afrique : L’Afrique du Sud, le Nigeria et le Cameroun sont les équipes africaines en lice dans la 8e Coupe du monde féminine de la FIFA. Nous partageons un chauvinisme pour les affaires du continent.

FATMA SAMOURA : Naturellement, je suis ravie que des équipes africaines participent à la Coupe du monde. J’avais hâte de voir la Sud-Africaine Thembi Kgatlana, joueuse africaine de l’année, ou encore la Nigériane Asisat Lamina Oshoala représenter leurs pays. J’attendais avec impatience de voir mes sœurs africaines montrer au monde l’extraordinaire réserve de talents dont dispose le continent. Toutefois, en tant que secrétaire générale de la FIFA, je me dois de montrer l’exemple et de rester impartiale. En conséquence, je ne pouvais que souhaiter bonne chance aux 24 équipes en compétition! En revanche, mon devoir de réserve ne concerne pas cette 8e édition de la Coupe du monde féminine, qui s’annonce passionnante. Je suis très enthousiaste, non seulement parce qu’il s’agit de mon premier Mondial féminin en tant que secrétaire générale, mais aussi parce que ce tournoi intervient à un moment important dans l’histoire des femmes. En ce moment, les femmes et les jeunes filles sont au cœur du débat mondial. On parle de leurs problèmes, de la nécessité de les soutenir et de promouvoir leur autonomisation. Je crois que le football peut jouer un rôle important dans ce cadre.

Le football féminin figure dans vos objectifs prioritaires. Comment travaillez-vous avec la CAF au développement du football féminin sur le continent ?

F. S. : Nous travaillons en étroite collaboration avec la CAF pour la promotion et le développement du football féminin à travers toute l’Afrique. Notre division du football féminin est là pour conseiller et échanger avec le nouveau département consacré au football féminin de la CAF, y compris sur l’élaboration de sa propre stratégie pour tout le continent. Cette décision a également aidé la FIFA à lancer des programmes pilotes au Kenya pour renforcer le football féminin de base. Aux côtés de la CAF, nous cherchons aussi à améliorer la participation de nos associations membres aux tournois féminins. Pour faire de cette volonté une réalité, nous proposons des fonds via le programme Forward. La Coupe féminine UFOA-B à Abidjan est un exemple concret de ce que nous réalisons : grâce au financement de la FIFA pour l’équipement et les déplacements des équipes, davantage d’associations membres ont pu participer. Il est très important pour la FIFA de travailler main dans la main avec la CAF. Nous pourrons ainsi voir comment optimiser nos formats de compétition pour encourager et augmenter la participation.

Le business model du football féminin est impressionnant d’efficacité aux États-Unis ou en Allemagne, il commence à s’installer en France, mais il est inexistant sur le continent. Avez-vous un business plan pour le développer ?

F. S. : La situation du football féminin en Afrique n’est pas uniforme. Dans certains pays, il s’agit encore de poser les bases, en créant des championnats par exemple. Dans d’autres, on cherche à atteindre l’excellence en poussant des championnats établis de longue date vers le professionnalisme et en présentant le football féminin comme une perspective de carrière intéressante. Pour réduire ces écarts, nous nous concentrons …

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous  page 40 du numéro 58 Juin 2019, en vente ICI.