Coopté depuis quatre ans comme directeur général de Société Générale Guinée, entrée désormais en juillet 2025 dans le giron du groupe financier ivoirien AFG Holding, Thierno Diallo est un banquier chevronné cumulant plus d’une vingtaine d’années de pratiques. L’ancien directeur régional de l’audit du groupe français en Afrique centrale pilote le dossier de la transition.
Propos recueillis par Kouza Kiénou
Forbes Afrique : Où en est le processus d’absorption de Société Générale Guinée ?
Thierno Diallo : AFG holding, notre repreneur, poursuit la marche entamée par Société Générale. Nous sommes la banque leader dans le financement de l’économie guinéenne, malgré un ralentissement amorcé en 2023, en lien avec la stratégie du groupe Société Générale qui s’est traduit par un retrait dans l’allocation de capital. Nous étions alors dans un processus de désinvestissement, une marche à rebours dans un pays en croissance.
« Nous allons reprendre notre marche en avant auprès de nos clients pour le financement de l’économie nationale »
Nous avons, malgré cela, réalisé des performances historiques. L’an dernier, notre résultat s’est établi à 54 millions d’euros contre 22 millions engrangés en 2022. Notre ROE a bondi de 12 points, passant de 38 à 50 % contre une norme de 15 %. C’est une filiale dynamique et performante qui évoluait dans un environnement contraint par des normes européennes [Bâle III et normes de compliance, NDLR]. Ce qui nous obligeait à avoir des allocations en capital pour les prêts. Cela nous a obligés à limiter nos dépôts. Nous avons cherché notre rentabilité dans le portefeuille des clients, tout en optimisant nos risques. Désormais, nous n’en sommes plus là. Dans ces conditions, l’arrivée d’AFG sonne comme une bouffée d’oxygène. Nous allons reprendre notre marche en avant auprès de nos clients pour le financement de l’économie nationale.
« L’an dernier, notre résultat s’est établi à 54 millions d’euros contre 22 millions engrangés en 2022. »
Quelles sont vos priorités face à la concurrence des cadors comme Ecobank ?
T. D. : La concurrence nous stimule. En tirant profit de la solidité de notre groupe, nous allons dérouler une approche axée sur l’écoute, la proximité et la compréhension des réalités locales. Quant à nos priorités, elles portent sur la relation-client. Nous devons sortir d’une posture de « banque assise » pour celle d’un acteur agressif sur le marché. Nous avons une panoplie de produits pour le retail à déployer.
« Nous devons sortir d’une posture de « banque assise » pour celle d’un acteur agressif sur le marché »
La digitalisation demeure également une priorité pour combler notre retard. Nous sommes engagés dans cette stratégie tout nous appuyant sur le savoir-faire acquis par le groupe, actif dans la banque, la microfinance, l’industrie ou encore les assurances.

En Afrique de l’Ouest, les filiales malienne et ivoirienne disposent d’un desk minier dédié à l’accompagnement des besoins de l’industrie extractive. Allez-vous déployer ce dispositif en Guinée ?
T. D. : Le projet Simandou est devenu incontournable dans l’écosystème guinéen. Nous avons été banque leader sur le financement du secteur minier. Au-delà des majors, nous ciblons le « local content », les sous-traitants. Avec SG, nous avions du mal à accompagner efficacement certains acteurs locaux en raison des dispositifs prudentiels. Désormais, nous allons être plus présents sur tous les segments. C’est la valeur ajoutée que nous apportons avec AFG Bank Mali et Côte d’Ivoire, à travers le desk minier. Nous mettrons nos synergies en commun et dans l’innovation.
« Désormais, nous allons être plus présents sur tous les segments. C’est la valeur ajoutée que nous amenons avec AFG Bank Mali et Côte d’Ivoire à travers le desk minier »