À la peine depuis plusieurs années, la Société burkinabè des fibres et textiles (Sofitex) va être nationalisée. Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 16 avril, le gouvernement burkinabè a annoncé qu’il prendra le contrôle intégral de l’entreprise en rachetant les parts des actionnaires privés.
Dans le détail, deux décrets ont été adoptés lors de ce Conseil : l’un portant sur la nationalisation proprement dite de la Société burkinabè des fibres textiles (Sofitex), l’autre sur l’approbation de ses statuts particuliers. L’opération annoncée ne concernera toutefois que les 6% du capital jusque-là détenus par des actionnaires privés, nationaux et internationaux, l’État contrôlant déjà, directement et indirectement, 94% du capital.
Une Entreprise Face à de Nombreuses Difficultés
Justifiant cette décision, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a rappelé que «la SOFITEX [faisait] face à de nombreuses difficultés en lien avec le poids de sa dette financière, les charges importantes internes de fonctionnement, les retards qu’elle [observait]souvent dans les paiements des producteurs, mais aussi certains paramètres à l’échelle internationale liés aux coûts des matières premières et des intrants ».
Lancée en 1979 et basée à Bobo-Dioulasso, la Sofitex est la principale société cotonnière du Burkina Faso avec 16 usines de traitement de graines de coton. À l’image toutefois de l’ensemble de la filière burkinabé de l’or blanc, jadis premier producteur de coton africain, l’entreprise traverse depuis plusieurs années une crise multidimensionnelle : insécurité dans les zones de production, incendies de récoltes, retards de paiement des producteurs ou encore procédures judiciaires liées à des soupçons de détournements…
