Enquête

À la conquête de l’or rouge

L’Afrique est actuellement la deuxième région économique du monde à avoir une croissance rapide, juste derrière l’Asie. Parmi les opportunités de développement sur le continent, le vin est en passe de devenir un levier de croissance important, aussi bien du point de vue de la consommation que de celui de la production.

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Si, avec près de 30 milliards de litres, la production de vin dans le monde a atteint des sommets en 2018, la consommation stagne, voire baisse dans beaucoup de pays occidentaux. Dans le même temps, l’Afrique devient un enjeu stratégique avec de sérieux leviers de croissance : sa démographie (1,25 milliard d’habitants, le double prévu d’ici à 2050), un pouvoir d’achat amélioré et une consommation de vins et spiritueux en nette hausse depuis quelques années.

Dans sa dernière étude, l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), organisme intergouvernemental composé des 47 principaux États producteurs de vin dans le monde, a donné les chiffres de la production mondiale. Avec 292,3 millions d’hectolitres (Miohl) en 2018, les récoltes sont à un de leurs plus hauts niveaux depuis le début des années 2000. Les vignobles couvrent environ 7,4 millions d’hectares sur la planète. Les trois plus grosses productions mondiales sont, sans surprise, l’Italie (48,5 Miohl, +28,9%), la France (46,4 Miohl, +34,8%) et l’Espagne (40,9 Miohl, +36,7%). Le premier pays africain, dixième producteur au monde, est toujours l’Afrique du Sud (9,5 Miohl), même si l’année 2018 a été fortement impactée par la sécheresse, provocant un recul de 12% par rapport à 2017. Viennent ensuite l’Algérie, deuxième producteur en Afrique avec 627”000 hectolitres par an, le Maroc avec 333000 hectolitres et la Tunisie avec 244000 hectolitres. Des pays comme le Gabon, la Tanzanie ou le Kenya se sont également mis à la production pendant que d’autres, tels le Nigeria, l’Ouganda, l’Angola et le Rwanda consomment de plus en plus.

Dans l’émergence des marchés de la consommation en Afrique, vins et spiritueux figurent en bonne place et sont estimés à 1,4 milliard de dollars à l’horizon 2020. De plus en plus de pays africains affichent une croissance à deux chiffres induisant une transformation profonde des modes de vie. Parmi les changements, la consommation de vin. Si jusqu’à présent bières et spiritueux étaient rois dans la majorité des pays, réservant le vin aux élites, ce dernier se démocratise, laissant entrevoir des perspectives d’évolution exceptionnelles pour le secteur. «Si l’Afrique ne représente aujourd’hui que 5 à 6% de la consommation mondiale de vin, ce taux est en augmentation constante depuis maintenant plusieurs années. La consommation de vin avoisinait un milliard de litres en 2017, contre 865 millions en 2013 et 736 millions en 2009. L’Afrique est davantage consommatrice de vins rouges que de vins blancs. On dénote également une bonne croissance des vins mousseux, sous l’impulsion des exportations de champagne. Le marché du rosé reste encore aujourd’hui à construire», explique Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).

© WINES OF SOUTH AFRICA

Toujours selon les statistiques de la FEVS, l’Afrique du Sud reste le principal moteur du marché africain du vin. Première puissance du continent en matière de production et d’exportation, l’Afrique du Sud est également une grande consommatrice : elle absorbe près de 50% des volumes consommés. Suivent le Nigeria, l’Angola, le Cameroun, l’Éthiopie, le Kenya et la Côte d’Ivoire. Notons un paradoxe : on constate …

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous pages 56-59 du numéro 60 Septembre 2019, en vente ICI.