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Africa CEO Forum : La sécurité économique au centre des débats

CÉRÉMONIE DE CLÔTURE DE L'AFRICA CEO FORUM, LE 14 JUIN ©Africa CEO Forum

La 8e édition de l’Africa CEO Forum s’est tenue les 13 et 14 juin à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’occasion pour les participants, officiels et dirigeants du secteur privé, d’apporter leurs solutions aux maux qui minent le continent, notamment à la crise alimentaire qui menace le continent.

Par Michée Dare

Pour les plus de 1 500 participants qui se sont déplacés à l’Africa CEO Forum, qui se tenait en présentiel ces 13 et 14 juin au Sofitel Ivoire d’Abidjan (Côte d’Ivoire), le constat est clair : le monde est actuellement secoué par une crise économique qui n’épargne aucun secteur. L’Afrique, qui s’est montrée particulièrement résiliente lors des crises sanitaire et économique nées de la pandémie du Covid-19, subit elle aussi de plein fouet les conséquences désastreuses de cette crise. Ceci s’explique pour une large part par la dépendance alimentaire du continent vis-à-vis de l’extérieur. En effet, selon des statistiques publiées par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) en 2020, plus de 80% des importations alimentaires du continent provenaient de l’extérieur et ce pour un montant correspondant à 60,5 milliards de dollars. En comparaison, l’Amérique n’importe que 31% de ses besoins alimentaires et l’Europe, 26%. Directeur général de l’IFC – la filiale de la Banque mondiale dévolue au secteur privé – Makhtar Diop a plaidé pour que « cette crise [doit] être un accélérateur de changement […] et une occasion pour booster la production de riz, de fonio, de mil ». Le dirigeant a notamment appelé à une mobilisation du secteur privé, afin de soutenir les mesures budgétaires prises par les gouvernements et visant à amortir l’impact de l’inflation.

Un déficit énergétique omniprésent

Au-delà de la forte dépendance alimentaire du continent vis-à-vis de l’extérieur, les intervenants ont par ailleurs souligné son incapacité à assurer son indépendance énergétique. Pourtant, le potentiel énergétique ne manque pas. Seuls, les financements sont aux abonnés absents : « Nous avons des ressources fossiles qui doivent être exploitées. Nous serions même prêts à passer outre les engagements des COP, sauf que malheureusement, nous ne disposons pas des capitaux pour faire en sorte que le Niger puisse utiliser son charbon pour produire de l’électricité et envisager son industrialisation. Nous avons du charbon, mais avec ces mesures qui sont prises, il n’y a aucune banque qui est prête à s’engager. Nous sommes punis », a de son côté dénoncé le Président nigérien, Mohamed Bazoum, appelant à l’occasion les pays occidentaux à plus d’équité vis-à-vis de l’Afrique. De fait, le continent peine à amorcer son développement industriel en raison de ce déficit énergétique. « En Afrique, on perd une bonne partie des récoltes chaque année. Si on se dit qu’on ne peut plus perdre ces 20 ou 30% bord champs par manque d’électricité ou de chaînes du froid, cela aidera », a rappelé Lionel Zinsou, ancien premier ministre béninois. Selon les statistiques de la Banque africaine de développement, 600 millions d’Africains sont encore privés d’électricité.

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