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Afrique- Russie les nouveaux partenaires

Le Sommet de Sotchi des 23 et 24 octobre derniers a ouvert une nouvelle fenêtre dans les relations entre l’Afrique et la Russie. Le président russe Vladimir Poutine et son administration ont signé des mémorandums d’une valeur de 12,5 milliards de dollars avec plus de 40 gouvernements africains dans le secteur des mines, du pétrole, de l’énergie nucléaire et de la coopération militaire. Mais au-delà des chiffres et des discours, l’histoire récente et l’engagement des acteurs privés sur le terrain témoignent des nouveaux enjeux dans cette relation.

© GAVRIIL GRIGOROV/TASS HOST PHOTO AGENCY

La diaspora africaine, une carte à jouer pour la Russie Miser sur la diaspora pour tisser des liens avec le continent n’est pas un domaine réservé aux pays européens et américains. Les ex-États communistes, la Russie en tête, hébergent eux aussi des communautés qui pourraient les aider à intensifier leurs relations avec l’Afrique. Analyse.

Quel point commun pourrait-il y avoir entre le célèbre poète Alexandre Pouchkine et la milliardaire Isabel dos Santos ? A priori peu de chose. Si ce n’est le fait qu’ils ont tous les deux des ascendances à la fois russes et africaines et qu’ils font partie d’une diaspora fortement méconnue du grand public.
En effet, lorsqu’on aborde le rôle que les diasporas peuvent jouer dans l’approfondissement des relations entre deux pays ou deux continents, on pense à l’Europe occidentale. Pourtant, tout comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France ou la Belgique, la Russie, qui vient d’organiser en octobre dernier son premier sommet avec l’Afrique, possède une communauté diasporique. Le constat soulève toutefois deux questions : comment est-elle née et quelle est son ampleur aujourd’hui ?
La présence accrue de la diaspora africaine en terre slave est le produit d’un passé récent. À l’époque de la guerre froide, le gouvernement communiste de Moscou avait lancé des programmes d’échanges entre étudiants et professeurs. Grâce aux multiples accords, un nombre important d’étudiants a pris le chemin des universités situées dans ce qui était à l’époque appelé l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).
Le Réseau sur les politiques et la coopération internationale en éducation et en formation estime que « près de 50 000 étudiants africains se formaient dans les universités russes avant que le bloc soviétique ne s’effondre en décembre 1991 ». Un nombre apparemment plus conséquent si l’on prend en compte une dimension plus large et que l’on en croit l’analyse du chercheur de l’Institut français des relations internationales (IFRI) Arnaud Kalika. Selon ses observations et les chiffres communiqués par l’université russe de l’Amitié des peuples (URAP), plus de 400 000 étudiants africains ont été formés depuis les années 1970, ce qui représente une empreinte non négligeable.
Une migration importante de jeunes donc, parmi lesquels beaucoup fonderont une famille avant de repartir sur le continent ou resteront dans leur nouveau pays d’accueil russe.

Des figures notables

© Nkeirouka Ezekh – Aude P. – Black Star Burger

Fruits des nombreux couples mixtes qui se sont formés durant cette période, les enfants nés à cette époque ainsi que certains de leurs parents constituent aujourd’hui une diaspora de plus de 40 000 Afro-Russes, selon un documentaire réalisé en 2016 par la photographe russe d’origine ghanéenne, Liz Johnson Artur.
Cette communauté compte des figures notables qui ont percé dans plusieurs secteurs. Ainsi, dans le domaine sportif, on peut citer la joueuse de handball aux ascendances sierra-léonaises Emilia Khalsberievna Toureï, qui a gagné plusieurs médailles dans des compétitions…

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous  pages 47-52 du numéro 62  .