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AMEA Power à la conquête du marché des énergies renouvelables en Afrique

Alors que plus de 600 millions de personnes – soit presqu’un habitant sur deux – n’ont pas accès à l’électricité, l’Afrique regorge d’immenses ressources en énergies renouvelables inexploitées. Une situation paradoxale que la société AMEA Power, poids lourd du secteur issu des Emirats arabes unis, veut contribuer à changer. Comment ? Eléments de réponses dans cet entretien exclusif avec son PDG, Hussain Al Nowais.

L’homme d’affaires Hussain Al Nowais.

  1. Forbes Afrique : Quelle est votre stratégie pour entrer sur le marché porteur des énergies renouvelables en Afrique?

Hussain Al Nowais: Je suis persuadé que pour accéder à tout nouveau marché, les relations, notamment avec des acteurs issus du secteur privé et public, sont la clé pour y entrer.  Pour cette raison, entre autres, j’ai pris le temps de visiter plus de 25 pays sur le contient afin d’y tisser des liens, ce qui m’a permis aussi de mieux comprendre les besoins sur le terrain afin d’apporter des solutions qui répondent aux besoins de ce marché.

  1. Quel est actuellement le volume de vos investissements en Afrique et quelles sont vos ambitions pour le futur ?

H.A.N.: Nous possédons une empreinte importante au Moyen-Orient et en Afrique. En Jordanie par exemple, nous venons de terminer deux investissements dans l’énergie éolienne de respectivement 80 millions de dollars avec une capacité de 51.75 MW et solaire pour un montant total de 74 millions dollars produisant 50 MW.  En Afrique, nous mettons sur pied à l’heure où je vous parle un projet de 30 MW basé sur l’énergie solaire au Togo qui sera la première des quatre centrales de ce type prévues dans le plan d’électrification de ce pays.

  1. Outre le Togo, avez-vous d’autres pays dans votre ligne de mire ?

H.A.N.: Au cours des dernières années, nous avons réussi à nous implanter dans d’autres pays. Ainsi, nous avons récemment signé un protocole d’accord avec le Tchad pour la construction d’une centrale solaire d’une capacité de 120 MW près de la capitale, N’Djamena et nous explorons les possibilités au Niger voire au Sénégal, pour ne citer que ces Etats. En somme, nous disposons actuellement d’une capacité totale de 7000 MW, dont une large partie est consacrée au marché africain.

  1. La technologie issue des énergies renouvelables est-elle suffisamment développée pour assurer une continuité dans l’approvisionnement du réseau par rapport au besoin du marché africain?

H.A.N.: Les énergies issues du soleil ou du vent ont l’avantage indéniable d’être des sources d’énergie propres. Cependant, elles n’offrent pas encore une stabilité dans l’approvisionnement du réseau électrique, c’est-à-dire une capacité d’alimentation de 24 heures sans interruption. Celles provenant du soleil donnent un accès pendant 5 à 8 heures, alors que celles prodiguées par le vent un peu plus, contrairement aux sources conventionnelles. De ce fait et pour la bonne raison que les sources comme le charbon ou le diesel ne sont plus  acceptées ou bancables, le gaz apparait comme une solution intéressante. Néanmoins, à mesure que les technologies du stockage des batteries évoluent, les besoins du marché changent aussi.

  1. Quels sont les défis sur le marché africain de l’énergie renouvelable?

H.A.N.: il existe certains pays sur le continent, sur base des chiffres disponibles, qui possèdent une pénurie d’énergie réclamant des besoins urgents. Toutefois, des défis liés au manque de capacité à financer un projet voire l’absence d’un cadre réglementaire et légal pour les investissements issus de producteurs indépendants d’énergie entravent la mise en place de solutions capables de pouvoir répondre rapidement à ces besoins.

  1. L’Afrique regorge de jeunes entrepreneurs actifs dans ce domaine. Coopérez-vous avec eux?

H.A.N.: Travailler avec les jeunes entrepreneurs africains me semble très important. Cependant, nous encourageons l’emploi de travailleurs locaux en nous concentrant sur leur formation.  En effet, l’investissement dans le développement des compétences et dans le capital humain me paraissent fondamentaux, ce pour aussi contribuer à la création d’emplois stables.

  1. Quelles sont justement les retombées en termes de création d’emplois pour les africains dans vos investissements ?

H.A.N.: Si vous me le permettez, je reprendrai l’exemple jordanien cité auparavant dont le financement vient d’être bouclé. Dans ce projet, nous allons installer plus de 200,000 panneaux photovoltaïques qui seront fabriqués par une entreprise locale, ce qui a pour effet de développer celle-ci et de créer un nombre substantiel de postes de travail. Une dynamique que l’on souhaite répliquer à travers nos projets en Afrique.