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Benedict Oramah, meilleur allié des entrepreneurs africains

Présent sur tous les fronts, le président de la Banque africaine d’import-export a conforté en 2022 son statut de premier soutien financier du secteur privé africain.

Par Erwan Faust

Annoncé début novembre par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), l’octroi d’une facilité de crédit de 145 millions de dollars en faveur du groupe média Silverbird pour développer à Lagos ce qui sera la plus grande école de cinéma d’Afrique de l’Ouest aura rappelé une évidence : lorsqu’il s’agit de financer des projets à fort impact, l’institution panafricaine est aujourd’hui le premier soutien du secteur privé africain.

Un champion de la cause entrepreneuriale

Un statut de champion de la cause entrepreneuriale qui doit beaucoup au président d’Afreximbank, Benedict Oramah. Nommé à la tête de l’établissement financier en juin 2015, le dirigeant nigérian a très vite su joindre les actes à la parole, alliant aux discours pro-business les largesses du chéquier ; un levier assurément décisif lorsqu’il s’agit de conclure un deal. Au total, entre 2015 et 2021, c’est plus de 35 milliards de dollars de crédits qui ont ainsi été accordés au commerce et aux acteurs du secteur privé africain.

« Le patron du groupe panafricain a la qualité ultime du bon banquier : évaluer à bon escient la pertinence économique d’initiatives entrepreneuriales qui, adéquatement financées, feront demain la prospérité de toute une communauté »

Mieux : cette capacité à agir en faveur des entrepreneurs et hommes d’affaires du continent ne s’est pas faite au détriment de la rentabilité de l’établissement financier. Bien au contraire : entre 2015 — année au cours de laquelle Benedict Oramah a accédé à la présidence d’Afreximbank — et 2021, le bénéfice annuel net de la banque a plus que triplé, passant de 134 à 376 millions de dollars. Une bonne manière de rappeler que le patron du groupe panafricain a la qualité ultime du bon banquier : celle d’évaluer à bon escient la pertinence économique d’une multitude d’initiatives entrepreneuriales qui, adéquatement financées, feront demain la prospérité de toute une communauté.

L'ascension méthodique du président d'Afreximbank

Benedict Oramah, le président d’Afreximbank, lors des dernières assemblées annuelles de l’institution, tenues au Caire du 15 au 18 juin 2022

Rencontré en marge des dernières assemblées annuelles d’Afreximbank, en juin dernier, Benedict Oramah avait tenu a rappelé aux équipes de Forbes Afrique que son histoire personnelle était d’abord celle « d’un jeune garçon ayant grandi dans un contexte de guerre civile (la guerre du Biafra, ndlr) » et qui « avait vu les destructions et le carnage qu’infligeait la guerre ». En somme, un rapport au monde marqué par une conscience aigue de la précarité de l’existence et qui aura instillé en lui un impératif : capitaliser sur son ambition pour devenir un agent positif du changement. Et ambitieux, le financier d’origine nigériane, né en 1961, l’a assurément été. Titulaire d’un doctorat en économie agricole obtenu à l’université d’Obafemi Awolowo au Nigéria, le jeune Oramah a d’abord travaillé au sein de la Banque nigériane d’import-export (Nexim) avant de rejoindre l’Afreximbank en 1994, en tant que chef analyste. Une période assurément difficile : ce sont les années noires de l’afropessimisme, marquées par les tensions et conflits, une croissance atone, les redoutés programmes d’ajustements structurels et une paupérisation insidieuse d’une large partie de la population du continent. C’est dans ce contexte très particulier que Benedict Oramah gravit peu à peu les échelons : directeur senior chargé de la planification et du développement commercial en 2007, il devient vice-président exécutif chargé du développement commercial et des banques d’affaires en 2008 avant d’accéder à la marche suprême en 2015. Après un peu plus de deux décennies au sein de l’institution, le fidèle lieutenant qui a supervisé la préparation des quatre plans stratégiques d’Afreximbank établis depuis 1995, s’est finalement mué en général, prêt à exécuter son grand dessein : faire advenir une Afrique forte en aidant à booster significativement son commerce.

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