Le média de ceux qui font l'Afrique d'aujourd'hui et construisent celle de demain

Kanayo Awani : « Les industries culturelles et créatives sont un des leviers pour booster le commerce intra-africain »

À l’occasion de la tenue du CANEX WKND, qui démarre ce 25 novembre à Abidjan, la vice-présidente exécutive de la Banque de commerce intra-africaine (Afreximbank) revient sur cette initiative phare de l’institution panafricaine de financement du commerce. 

Propos recueillis par Jérémie Suchard

Forbes Afrique : Vous avez officiellement lancé le programme CANEX en novembre 2021 à Durban, à l’occasion de la deuxième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2021). Pourriez-vous revenir sur les origines de cette initiative et préciser ses ambitions ?

Kanayo Awani : À mon sens, la principale source d’inspiration du programme vient de notre cinquième plan stratégique sur le commerce intra-africain, intitulé Impact 2021: Africa transformed, que nous avons développé à partir de 2016. Nous avons fait du commerce intra-africain notre priorité, sur laquelle nous avons bâti un plan stratégique et établi des objectifs institutionnels.  De ce point de vue, la filière des industries culturelles et créatives est un des leviers par lesquels nous pouvons booster le commerce intra-africain.  En résumé, ce que nous essayons de faire à Afreximbank, c’est de donner vie à des initiatives auxquelles nous croyons et dont nous savons qu’elles répondront à nos propres mandats et objectifs ; des initiatives qui soutiennent la prospérité de l’Afrique et des Africains, où qu’ils soient. Les filières des ICC sont l’un des moyens d’y parvenir.

Forbes Afrique : Bien qu’en forte croissance, le poids économique de la filière africaine des ICC reste faible. Dans ces conditions, l’actuel accent que vous mettez sur ce secteur n’est-il pas excessif ?

Kanayo Awani : Lorsque nous avons validé notre stratégie visant à renforcer le commerce intra-africain, nous étions parfaitement conscients du fait que la transformation structurelle de notre continent dépendrait de l’appui aux filières génératrices d’activité économique. Le secteur des ICC (cinéma, musique, mode, arts, artisanat…) nous a très vite apparu comme un domaine clé, et ce pour des raisons évidentes : la jeunesse du continent,  l’abondance des talents…

« Nous avons calibré nos solutions de financement après avoir longuement analysé le mode opératoire des acteurs de la filière, afin d’octroyer les formules qui soient les plus pertinentes et pérennes possibles »

Nous avons très vite su qu’il était essentiel de se concentrer sur ce secteur, étant donné le potentiel de cette filière pour aider à l’accélération de la diversification des économies africaines. C’est pourquoi notre président, Benedict Oramah, a joint l’acte à la parole, en annonçant en 2020, la création d’un fonds de 500 millions de dollars, dédié à soutenir la production et le commerce de produits culturels et créatifs africains.

Forbes Afrique : Le volet financement justement. Que proposez-vous concrètement aux acteurs de la filière ?

Kanayo Awani : Sur ce point spécifique, nous avons calibré nos solutions après avoir longuement analysé le mode opératoire des acteurs de la filière, afin d’octroyer les formules qui soient les plus pertinentes et pérennes possibles.  C’est notamment le cas du secteur audiovisuel, où nous avons des solutions spécifiques que nous utilisons pour soutenir des acteurs tels que la société sud-africaine AAA Entertainment, que nous avons accompagnée lorsqu’elle a signé (en novembre 2021, ndlr) un partenariat de production et de distribution avec la société Silverbird.

Forbes Afrique : Un dernier mot sur les nombreux défis restant à relever dans l’écosystème créatif africain (professionnalisation des filières, protection des droits d’auteur…). De quelle manière pouvez-vous contribuer à aider la filière sur ces enjeux ? 

Kanayo Awani : Nous sommes une banque consciente du marché et là où il y a des lacunes, nous cherchons à les combler en essayant de voir de quelle manière nous pourrions changer la donne. De fait, c’est la raison d’être d’un programme tel que le CANEX WKND qui, en mettant en relation acteurs culturels, entreprises et investisseurs, permet de répondre à de vrais besoins, tels que l’accès au marché. Dans le domaine de la mode, nous avons également soutenu les créateurs africains, en les présentant notamment au Portugal, dans le cadre de notre initiative appelée CANEX Presents Africa @ Portugal, dédiée à la promotion de créateurs de mode émergents.

Nous nous occupons par ailleurs de la question de la propriété intellectuelle dans les industries créatives et travaillons à ce titre avec des partenaires tels que l’Union africaine. Idem pour d’autres défis à relever comme la faible professionnalisation, que nous cherchons à résoudre avec par exemple des master class destinées à renforcer certaines compétences.

Crédit-photo : Afreximbank

Partager l'article


Ne manquez aucun de nos articles.

Inscrivez-vous et recevez une alerte par email
à chaque article publié sur forbesafrique.com

Bonne lecture !

Profitez de notre abonnement illimité et sans engagement pour 5 euros par mois

√ Accédez à tous les numéros du mensuel Forbes Afrique de l'année grâce à notre liseuse digitale.
√ Bénéficiez de l'accès à l'ensemble des articles du site forbesafrique.com, y compris les articles exclusifs.