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Forum de Davos/Afrique : un sommet pour rien ?

Tenu du 16 au 20 janvier, le 53e Forum économique de Davos aura laissé une étrange impression de fin d’une époque : celle de la mondialisation heureuse, désormais attaquée de toutes parts par la montée des protectionnismes. Un état d’esprit qui aura desservi les principaux intervenants du continent, venus vanter, en vain, la destination “Afrique”.

Par Erwan Faust


Cette année, les principaux dirigeants du monde politique et des affaires, qui se réunissaient comme de coutume en janvier dans la paisible station de ski des Alpes suisses, ont surtout fait part de leurs inquiétudes concernant le conflit en Ukraine, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ou encore la montée généralisée du protectionnisme. De fait, lucides sur ce qu’il fallait attendre de cette édition 2023, les organisateurs du forum avaient choisi comme thème principal « Coopérer dans un monde fragmenté ». Une manière de rappeler que les actuelles tensions géopolitiques influaient directement sur le Who’s who des participants avec notamment peu de Russes et de Chinois présents parmi les quelque 2 700 dirigeants et experts venus de 130 pays.

“Vendre” le projet de Zlecaf au reste du monde

Dans ce contexte, la tentative du Sud-Africain Wamkele Men, secrétaire général du secrétariat de la Zone de libre-échange économique africaine (Zlecaf) de “vendre” ce projet majeur d’intégration économique au reste du monde, n’aura pas eu l’effet escompté et ce malgré les efforts de communication déployés durant l’événement. Soutenus par le think tank britannique Overseas Development Institute (ODI), les services du secrétariat de la Zone de la Zlecaf avaient publié le 18 janvier, en marge du World Economic Forum, un rapport sur les opportunités offertes par la Zlecaf et participé dans la foulée à un débat réunissant plusieurs personnalités africaines, à l’image du président congolais Félix Tshisekedi, de la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, de la cheffe du gouvernement tunisien Najla Bouden, du Camerounais Acha Leke, président de McKinsey en Afrique ou encore de la Rwandaise Clare Akamanzi, directrice générale du Rwanda Development Board.

Cette campagne de promotion en faveur du continent et de sa zone de libre-échange n’aura cependant qu’été peu suivie par les principaux décisionnaires sur place, une enquête du cabinet Global Risk, conduite par le Forum économique mondial auprès de 1 200 experts, rappelant notamment que les principales préoccupations de ces derniers étaient liées, à court terme, aux risques d’inflation et de coût de la vie. Des considérations bien éloignées des avantages attendus, à long terme, d’un renforcement de la Zlecaf.


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