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Gold Fields change de dimension avec l’acquisition de Yamana Gold

Exploitation aurifère ©RuRu_SG

Le deal du mois. Retour sur une opération qui a fait l’actualité.

Soutenu par un cours de l’or au plus haut depuis plus d’une décennie, le groupe minier sud-africain a décidé de frapper un grand coup en annonçant l’acquisition de la société canadienne Yamana Gold.

Par Patrick Ndungidi

Annoncée le 31 mai et valorisée à 6,7 milliards de dollars, la transaction se fera par échange d’actions et donnera naissance à l’un des quatre premiers exploitants aurifères de la planète.  De fait, l’opération est la plus importante transaction minière enregistrée sur le continent depuis plus d’une décennie. Selon les termes de l’accord dévoilé, Gold Fields prendra le contrôle de Yamana en acquérant toutes les actions ordinaires en circulation du minier canadien, et ce avec une prime de 31 % par rapport au cours de clôture précédant l’annonce. Au terme de la transaction, la nouvelle entité sera alors détenue à 61% par Gold Fields et à 39% par Yamana. Son siège social sera quant à lui à Johannesburg, avec des opérations en Afrique du Sud, au Ghana, en Australie, au Canada et en Amérique du Sud.

Bonne tenue des cours de l’or

La conjoncture se prête, il est vrai, bien à ces mouvements de consolidation : à près de 1850 dollars l’once, la bonne tenue actuelle des cours du métal jaune pousse les plus gros opérateurs du marché à augmenter leurs volumes de production – et donc à racheter des actifs en dehors de leur périmètre – pour profiter à plein de cette dynamique favorable. Mieux, en combinant les opérations des entreprises concernées, les économies d’échelle peuvent très vite s’avérer substantielles. Dans le cas de l’acquisition de Yamani par Gold Fiels, les deux directions de sociétés concernées ont chiffré les gains des synergies attendues à  40 millions de dollars par année.

Gold Fields exploite neuf mines en Afrique du Sud, en Australie, au Ghana, au Pérou et développe le projet Salares Norte au Chili, dont la production devrait commencer au premier trimestre 2023. L’entreprise a produit 2,3 millions d’onces d’or en 2021 pour des revenus annuels de 4,1 milliards de dollars. Pour sa part, Yamana, dont les revenus ont atteint 1,8 milliard de dollars en 2021, détient sept mines, notamment au Chili, au Brésil et en Argentine. En 2021, elle a produit 884 793 onces d’or et 9,2 millions d’onces d’argent. L’entreprise détient 50 % de la plus grande mine d’or du Canada, Canadian Malartic, qui a produit 714 784 onces d’or en 2021 et qui devrait être opérationnelle jusqu’en 2029.

14 mines sur 4 continents

Au total, la nouvelle société détiendra ainsi 14 mines réparties sur 4 continents : Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique et Océanie (Australie) et produira 4 millions d’onces d’or par année tandis que ses réserves prouvées dépasseront les 81 millions d’onces. De quoi apporter au final « un ensemble unique de compétences et de connaissances géologiques, [ce qui permettra] au groupe combiné de valoriser ses actifs plus efficacement sur le long terme », s’est félicité Chris Griffith, président-directeur général de Gold Fields. Un argument qui n’a toutefois que peu été entendu par les investisseurs : à la bourse de Johannesburg, le cours des actions de Gold Fields chutait de plus 20 %, dans la foulée de l’annonce, tandis que les analystes du Credit Suisse rappelaient que la prime payée par Gold Fields – 31% au-dessus du dernier cours de clôture de Yamana – était “considérablement plus élevée” que dans d’autres transactions récentes du secteur aurifère. L’avenir dira si ce surcoût était justifié ou non…

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