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La diaspora sénégalaise, première VRP du pays de la Teranga

Statue de la renaissance, Dakar (Sénégal) ©DR

Présente essentiellement en Europe et en Amérique du Nord, la diaspora sénégalaise est l’une des plus actives du continent lorsqu’il s’agit de s’impliquer en faveur de son pays d’origine. Un engagement par ailleurs encouragé par l’État sénégalais, qui cherche à capitaliser sur cette dynamique positive.

Par Patrice Ibsac

Historiquement considérée comme une ressource cruciale pour le développement du pays, la diaspora sénégalaise enverrait chaque année, en transfert de fonds, l’équivalent de 12 % du PIB national selon les données de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Mieux, elle joue souvent un rôle clé de « pont » pour développer les affaires entre le pays de la Teranga et le reste du monde. Sénégalais basé en France et fondateur d’AMS (African Management Services) – une plateforme qui met en relation les particuliers et les professionnels de différents secteurs d’activité (plomberie, électricité, mécanique, droit, services administratifs…) Bara Ndiaye estime ainsi que les membres de la Diaspora tels que lui agissent « en éclaireurs, tant pour les grandes entreprises françaises ou européennes qui cherchent à implanter une activité au Sénégal que pour les TPE/PME/ETI à la recherche de marchés sur le continent africain ».  

De fait, les autorités sénégalaises ont bien perçu l’enjeu que représente la diaspora et cherchent notamment à intégrer celle-ci dans le Plan Sénégal Emergent et à l’impliquer davantage localement avec des dispositifs tels que le Start-Up Act, qui exonère d’impôts les jeunes entreprises sur une durée maximale de cinq années, si elle est implantée en zone franche.

Autant d’initiatives qui ont eu un impact positif puisque le nombre de créations d’entreprises a fortement augmenté entre 2020 et 2021 (de 8 438 sociétés créées à 49 536 d’une année sur l’autre) selon l’agence nationale de la Statistique et de la Démographie. L’étude, parue l’an dernier, relève en particulier le rôle actif de la diaspora dans le financement des entreprises. Sans parler de l’implantation d’entreprises venues de l’étranger, tous secteurs confondus. À l’instar de la société de production Marodi TV, implantée au Sénégal en 2016, et à l’origine de la série culte “ Maîtresse d’un homme marié”. Cette boîte de production qui fût à l’origine de cette série mythique, a été conçue par deux entrepreneurs sénégalais basés en région parisienne. Un exemple qu’espère suivre Awa Sagna, une Sénégalaise installée à Montpellier et fondatrice de la marque de mode Peulh Fulani, qui dit vouloir « redonner de la dignité aux femmes qui parfois – malgré elles – l’ont perdu ».

L’immobilier et la tech au cœur des investissements

Parmi les secteurs prisés, le foncier est un terrain de jeu sur lequel les diasporas sont très actives. Un constat qui a conduit Amath Anne et Fatoumata Lo à lancer le salon AFSI, une plateforme d’échanges entre tous les acteurs de l’immobilier sénégalais. Dans les faits, ce sont plusieurs dizaines d’entreprises immobilières sénégalaises qui, grâce à leur entremise, rencontrent des prospects composés essentiellement de Sénégalais de la diaspora implantés en Europe. Et ce n’est pas la pandémie de Covid-19 qui a freiné la détermination des deux entrepreneurs. “On avait créé un événement entièrement digitalisé pour permettre aux personnes – d’où qu’elles viennent- d’assister à l’événement et le retour d’expérience a été positif”, expliquent les fondateurs de cette société, qui entendent dépasser rapidement la barre du million d’euros de chiffre d’affaires dans les prochaines années. Mieux, les membres de la Diaspora parviennent aussi, via les plateformes de streaming, à valoriser celles et ceux qui ne sont pas d’ascendance africaine mais qui participent pleinement à l’émergence du Sénégal. Un coup de pouce bienvenu qu’a pu constater Frantz Champin, patron d’une société immobilière et de conseil à Saly, sur à sa chaîne Youtube aux 16 000 abonnés. “Cela me fait chaud au cœur quand je vois des Sénégalais de la diaspora qui me font confiance et me partagent des informations. Ils sont nombreux à me donner mes cinq étoiles sur Google avec beaucoup d’avis favorables”, indique cet entrepreneur qui doit une grande partie de son chiffre d’affaires à ses sénégalais de l’étranger.  

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