Portrait

La liberté en musique

Amira Kheir est soudanaise, née à Turin, en Italie. Sa musique est fortement inspirée par les rythmes traditionnels, ainsi que par le blues, le rock ou le jazz. Elle rappelle celle de son aînée, l’Algérienne Hasna El Becharia, chanteuse et joueuse de guitare et de gumbri, qui toute sa vie s’est battue pour exister. Forbes Afrique s’est penché sur le parcours de ces deux artistes.

Sorti en novembre dernier, le troisième album d’Amira Kheir, Mystic Dance, est le parfait reflet des différentes influences de l’artiste.

Lorsque la chanteuse Amira Kheir entonne les premières notes de Mystic Dance, son dernier album, elle transporte son auditoire dans un voyage éternel et multidirectionnel. «Mystic dance est une histoire particulière qui illustre une métaphore d’un voyage dans la vie. C’est un regard sur la vie, une danse spirituelle, un voyage sans réelle direction», explique-t-elle. L’artiste a une idée précise de ce voyage musical. «Je suis en perpétuelle recherche», souligne-t-elle. Fascinée par les astres et les planètes, son œuvre illustre son imagination : «Sur le visuel de mon album, on observe la Lune, elle est rouge. Elle peut être interprétée comme étant le Soleil, mais aussi Mars. J’aime l’influence des planètes, l’espace du désert. Ma musique représente tout ça. C’est comme un voyage dans notre histoire. On y retourne pour mieux avancer.» Elle rappelle qu’elle est née en Italie et qu’elle a grandi entre le Soudan et la Grande-Bretagne. «J’ai appris l’arabe avec mes parents durant mon enfance, et ensuite au Soudan. J’ai aussi écouté beaucoup de musiques traditionnelles», raconte-t-elle. Son état d’esprit se reflète sur sa musique, qui explore les thèmes de l’exil, de l’appartenance, de l’amour, de l’évolution humaine et de la transcendance. Elle célèbre la culture ancienne et insiste sur «la nécessité de créer des ponts entre les peuples». Fascinée par l’histoire, Amira Kheir parle de son pays : «Le Soudan est riche en traditions. C’est le lieu de passage de tous les peuples d’Afrique. C’était la porte du Moyen-Orient. C’est un lieu de diversité. L’histoire du Soudan fait partie de l’histoire de l’Afrique, c’est aussi l’histoire du monde, j’en suis fière.» Lors du festival du Désert au Mali, elle découvre Tombouctou. «J’y ai ressenti cette force concernant l’histoire que nous ne connaissons pas assez. J’ai entendu des similitudes entre les musiques du Niger, du Mali et du Soudan. Ce sont des vibrations. Ce qui prouve que nous faisons partie du même monde»,

Edition Février 2019

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