Techno

L’Afrique et les promesses de la 5G

L’arrivée de réseaux télécoms mobiles de cinquième génération (5G) est annoncée sur le continent africain à partir de 2020. Depuis quelques années, des dispositifs pilotes ont déjà été mis en place dans plusieurs pays. Il s’agit d’une innovation très attendue, dont l’Afrique pourrait bénéficier.

© ORANGE – FUTURE 5G

La première génération de la téléphonie mobile permettait de passer des appels, la 2G d’ajouter du texte, la 3G d’envoyer des images et la 4G de développer l’internet mobile et les usages vidéo. La 5G doit servir à connecter tout ce qui ne l’est pas encore, et en premier lieu les objets, dans les industries, les villes ou les structures de santé. Avec une connexion 5G, le téléchargement d’une vidéo haute définition de 4 gigaoctets se fera en deux minutes au lieu des treize minutes actuelles avec la 4G. Pour un fichier audio (de la musique par exemple), le délai sera réduit de quinze à trois secondes, tandis que seize secondes seront nécessaires pour télécharger 200 photos, au lieu de la minute et vingt secondes actuelle avec une connexion 4G. Grâce à des débits se comptant désormais en gigaoctets, il est possible d’envisager des villes intelligentes et de développer l’internet des objets, des passerelles qui ouvrent la voie vers la réalité augmentée et la réalité virtuelle, la gestion automatisée des ressources, l’agriculture intelligente, les maisons intelligentes, les communications hypersécurisées, les véhicules autonomes, les réseaux électriques intelligents, la surveillance à distance des patients ou encore la télésanté.

UNE NOUVELLE CROISSANCE?

La 5G apporterait potentiellement un vent de croissance au commerce et aux services basés sur des modèles reposant sur l’internet haut débit. Les innovations précédentes, particulièrement la 3G et la 4G, ont donné un coup de fouet à l’e-commerce et révolutionné des secteurs comme les médias et les services financiers, avec à la clé des gains qui valent leur fortune à des entreprises comme Facebook, YouTube ou PayPal. La 5G sera le support technique de la numérisation tous azimuts des industries et devrait être un levier pour l’économie. L’Union internationale des télécommunications (UIT) a publié en 2018 un rapport intitulé « Poser les jalons de la 5G : perspectives et difficultés ». Ce document cite une autre étude selon laquelle la 5G pourrait générer un flux économique de 12 300 milliards de dollars d’ici à 2035. Pour la Commission européenne, la 5G entraînera des retombées économiques équivalentes à 113,1 milliards d’euros par an et créera 2,3 millions d’emplois dans l’ensemble des 28 États membres. Mais la « connexion ultime » a son prix, et la mise en œuvre d’une infrastructure 5G requiert des investissements substantiels auxquels devront consentir les acteurs. D’après l’étude de l’UIT, le déploiement d’un réseau 5G pourrait coûter 6,8 millions de dollars pour une petite ville et 55,5 millions pour une grande ville à forte densité de population. Selon la Commission européenne, installer la 5G dans les 28 États membres coûtera 56 milliards d’euros. Un niveau d’investissement qui rendrait sceptiques certains opérateurs, selon le document de l’UIT. Ainsi, la 5G Infrastructure Association (5G IA), un organisme soutenu par l’UE et dans lequel on retrouve les géants européens de l’écosystème des télécoms, invite à la prudence et à ne pas se lancer de façon prématurée dans l’aventure.

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous  pages 36-37 du numéro 62 Novembre 2019, en vente ICI.