Enquête

Les joueurs africains et le foot business

Confortés par les revenus colossaux des clubs, les salaires des footballeurs ont explosé ces dernières années. Une augmentation vertigineuse des émoluments dont profitent bon nombre de joueurs africains. Analyse. 

L’équipe nationale du Cameroun, les Lions indomptables, célèbre sa victoire à la CAN 2017, à Libreville, au Gabon. © JEAN-PIERRE KEPSEU

Quelle différence pourrait-il y avoir entre une talonnade effectuée par l’illustre Roger Milla et celle exécutée par l’étoile égyptienne Mohamed Salah? A priori, peu de choses, car ce mouvement du pied est toujours resté le même dans l’histoire du ballon rond. Pourtant, ce simple geste réalisé par la star du Liverpool FC vaut aujourd’hui 100 voire 1000 fois plus que celui de son aîné camerounais. Dans le monde du football contemporain, les dribbles, les frappes et les passes accomplis par les icônes de ce sport pèsent tout simplement des dizaines de millions de dollars. Des montants rendus possibles par le simple fait que l’argent y est devenu roi.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Des droits de diffusion au sponsoring des équipes, en passant par les permis de commercialisation des produits dérivés d’un club donné, tout se négocie à coup de montants astronomiques, tant au niveau des championnats nationaux que des compétitions internationales.

DES RETRANSMISSIONS EN OR

Ainsi, en Italie, les revenus tirés des retransmissions des matchs, comprenant le championnat, la Coupe nationale et la Supercoupe, pour la période allant de 2018 à 2021, viennent d’être négociés pour la coquette somme de 1,414 milliard d’euros par saison, souligne le site spécialisé dans l’analyse économique du sport Calcio e Finanza. Mais que dire de la Premier League anglaise, championne toutes catégories, où la chaîne Sky vient de débourser 3,579 milliards de livres sterling (soit 4,14 milliards d’euros) pour la retransmission de matchs en direct à partir d’août 2019? Chaque rencontre retransmise coûtera donc en moyenne à 9,22 millions de livres sterling (10,69 millions d’euros). Excusez du peu.

Au niveau de l’Europe, l’UEFA, institution qui administre les principales compétitions continentales, a su habilement tirer son épingle du jeu. Pour la Ligue des champions – tournoi annuel phare regroupant les 32 meilleures équipes des différents championnats membres de l’organisation –, cette instance basée à Nyon, en Suisse, a conclu plusieurs accords avec des médias et entreprises qui permettent aux clubs participants de se partager pour cette année 1,95 milliard d’euros. À titre d’exemple, le vainqueur de l’édition précédente, le Real Madrid, a empoché plus de…

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous  pages 76-78 du numéro 56 Avril 2019, en vente ICI.