Enquête

Start-up africaines : le boom des investissements

Ces trois à quatre dernières années ont été marquées par une large progression des investissements, essentiellement étrangers, dans les start-up opérant sur le continent africain. Une tendance forte, concentrée sur un petit groupe de pays et tirée par les promesses de la fintech.

© patrick nelle

 

D’après l’African Tech Startups Funding Report 2018 publié par Disrupt Africa, 334,5 millions de dollars en capital-risque ont servi au financement de démarrage ou de développement de start-up sur le continent africain. Ce sont au total 210 start-up qui ont bénéficié de financements. Par rapport à 2017, ce nombre a bondi de 32,1 % et le montant total investi a augmenté de 71,5 %. Selon le site WeeTracker, qui se base sur une acception plus vaste de la start-up, ce sont 725,6 millions de dollars qui ont été investis en 458 transactions, avec 10 entreprises ayant mobilisé à elles seules 457 millions de dollars en 2018. Dans son rapport annuel 2018 publié en mars dernier, le fonds d’investissement Partech Ventures avance de son côté le chiffre de 1,163 milliard de dollars injectés via le mécanisme du private equity, soit une progression de 108 % sur un an.

Cet écart dans les chiffres s’explique par des définitions plus ou moins larges de la start-up africaine adoptées par les différents auteurs, mais la constante est que, quels que soient les critères retenus, les investissements montent en flèche.

LA TRIADE ET LES AUTRES

Sur 20 pays d’Afrique ayant bénéficié d’un apport de fonds en equity, trois se distinguent comme les principales destinations des capitaux : le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya. Une triade qui a concentré la grande majorité des deals conclus en 2018. D’après les données de l’enquête de Disrupt Africa, la scène technologique nigériane a enregistré des injections de capital dans 58 entreprises, des financements représentant 94 millions de dollars. Pour la première fois depuis que de telles enquêtes ont commencé à être publiées, le Nigeria a supplanté l’Afrique du Sud comme principal point de chute des investissements dans des start-up en Afrique, rapporte l’étude. En 2018, la Nation arc-en-ciel a comptabilisé 40 opérations de financement pour des levées de fonds s’élevant à 59 millions de dollars.

Si cette triade se taille la part du lion, elle subit toutefois un recul relatif. En 2015, ces trois pays recevaient encore plus de 80 % des fonds investis sur le continent, contre un peu plus de 60 % l’année dernière. Une évolution qui illustre une certaine ascension de la part d’autres pays qui commencent à leur tour à revendiquer une place de moins en moins négligeable, à l’exemple de …

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous  page 30 du numéro 57 Mai 2019, en vente ICI.