Techno

Microted, le cloud au service de l’Afrique

Selon une étude de l’institut Wikimédia, un Africain sur quatre n’aurait aucun accès au web ni à l’électricité, ce qui constitue un frein important à l’émergence économique du continent. Des entreprises à l’image de Microted proposent des solutions pour pallier ce problème. Mais elles se heurtent à divers problèmes, dont celui du recrutement.

Teddy Thalmensi (au centre) et les cofondateurs de Microted ont lancé l’entreprise en 2009.

Les besoins sont nombreux et la bataille s’annonce déjà rude dans le domaine du cloud, dont l’émergence pourrait à terme permettre une meilleure gestion des entreprises africaines en dépit des coupures d’internet ou de courant. «Le premier pays en Afrique dans lequel nous avons opéré est le Gabon, et depuis, cette collaboration n’a pas cessé», explique Teddy Thalmensi, afro-caribéen basé en France et fondateur de la société Microted, spécialisée en la matière. La société de construction immobilière Trianon BTP a été la première à accorder sa confiance à Microted sur le continent africain. «Un groupe électrogène et un onduleur peuvent permettre à une entreprise de voir ses logiciels fonctionner en quasi-autonomie sans interruption malgré les coupures», éclaire-t-il. Si au Gabon Microted compte deux clients, la marge de progression dans ce secteur reste conséquente sur l’ensemble du marché. «Nous sommes en contact avec des entreprises ivoiriennes. L’objectif serait à terme d’ouvrir des bureaux de Microted à Abidjan. Il faut une implantation sous-régionale pour mieux impacter les marchés et les décideurs privés et publics», confie Teddy Thalmensi, qui croit fortement au potentiel du continent africain pour améliorer la productivité numérique des entreprises sur le continent.

UN PIONNIER DU WEB

S’il a confiance en l’éclosion de tout un écosystème continental lié au cloud, il faut dire que ses convictions sont enracinées depuis plusieurs années. «J’étais un pionnier de l’internet en France. Dès l’âge de 15 ans, je m’amusais à créer des sites. Puis j’ai commencé à faire du dépannage informatique à domicile, explique-t-il. C’est au début des années 2010 que j’ai rencontré le PDG de Trianon BTP, à son domicile en région parisienne. Et c’est lui qui m’a ouvert les portes de mes premiers marchés sur le continent africain.» Du côté de ses collaborateurs, ce n’est pas une surprise : «Cet opportunisme a toujours été sa marque de fabrique. Il sait provoquer les occasions pour agrandir son business au gré de rencontres parfois impromptues», explique-t-on. Afin d’optimiser autant le fonctionnement technique que le management, Microted prévoit de mettre en place un serveur VPN pour les collaborateurs de sa branche ivoirienne qui souhaitent travailler à distance. Dans le viseur de Teddy Thalmensi, les entreprises de taille intermédiaire. «Les sociétés qui ont la capacité d’investir entre 25000 et 50000 euros et qui ont 10 salariés peuvent prétendre à nos services. C’est la moyenne qui se dégage si on effectue un profil type», détaille-t-il. Cependant, pour Microted comme pour beaucoup d’entreprises, réaliser une prestation de services sur le continent africain n’a rien d’une évidence. «Lors de mon prochain séjour en Côte d’Ivoire, je visiterai des écoles spécialisées en informatique, explique-t-il. Je veux éviter de revivre ce que j’ai déjà vécu au Gabon. À Libreville, nous avons essayé de recruter des gens. Nous n’avons pas trouvé…

Pour lire l’intégralité de cet article, rendez-vous pages 22-23 du numéro 60 Septembre 2019, en vente ICI.