Le groupe bancaire kényan Equity Group accélère son offensive panafricaine. L’établissement financier a confirmé son intention de réaliser des acquisitions en Angola, en Zambie et au Mozambique, avec l’ambition de renforcer sa présence le long des grands corridors commerciaux et miniers du continent.
Interrogé par Reuters le 29 avril, James Mwangi, directeur général du groupe, a précisé vouloir saisir ces opportunités « dès que possible », en privilégiant notamment une stratégie d’expansion par acquisition plutôt que par implantation directe (investissement « greenfield » de création de capacités). L’Angola apparaît comme la cible la plus avancée, avec des discussions en cours pour une prise de participation majoritaire dans une banque locale, qui pourrait être officialisée dès la fin de cette année. De fait, pour Equity, l’enjeu dépasse la simple logique géographique : il s’agit avant tout de suivre ses clients et les flux commerciaux régionaux, notamment ceux liés aux ressources naturelles. Les marchés visés — riches en cuivre, cobalt, pétrole et gaz — bénéficient d’investissements croissants, notamment autour du corridor de Lobito, axe stratégique reliant les zones minières d’Afrique centrale aux ports d’Afrique australe.
Pour déployer avec succès cette stratégie, le groupe bancaire kényan pourra notamment s’appuyer sur l’expérience acquise en République démocratique du Congo, devenue un pilier du groupe. Née de la fusion en 2020 entre ProCredit Bank et la Banque Commerciale du Congo (elle aussi rachetée par la banque kényane), la filiale congolaise Equity BCDC affiche aujourd’hui un total d’actifs supérieur à 5 milliards de dollars, ce qui en fait la deuxième banque du pays, derrière le leader Rawbank. Une performance réalisée en moins d’une décennie et qui illustre le savoir-faire d’Equity en matière de croissance externe dans des environnements complexes.
L’établissement financier piloté par James Mwangi a par ailleurs confirmé rester attentif à l’ouverture annoncée du marché bancaire éthiopien. Au total, les filiales régionales représentent désormais plus de la moitié des profits avant impôts du groupe (51 % en 2024), confirmant la pertinence de sa stratégie de diversification géographique.


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